Un inculpé s’est servi du compte bancaire de sa propre fille
Le premier inculpé appelé hier à la barre, le dénommé M. du réseau extérieur, s’est présenté sans défenseur, ce qui a amené le président et le bâtonnier à se mettre d’accord pour lui désigner un avocat d’office.
Le deuxième cas est M.M., accusé d’émission de chèques sans provision. Il était, avons-nous appris, déjà impliqué à Maghnia et Tlemcen pour le même délit. A la première question, ce dernier dira être malade et ne se rappeler de rien. Ses avocats tenteront à ce moment-là de faire valoir un certificat médical d’expertise psychiatrique pour troubles psychiques. Après s’être retirée pour délibérer sur ce cas, la cour rejettera ledit document médical. Le cours du procès reprendra avec l’audition du mis en cause. On y apprendra que cette personne avait trois comptes bancaires sur lesquels il se fera escompter, par l’agence BEA de Sig, un chèque de 600 millions de centimes, certifiés par les habituels chefs de service, B.N. et B.M., sans avis de débit. Chacun d’eux niera, bien entendu, cette responsabilité. Le président leur rappellera alors que, dans le lot des 248 chèques trouvés dans l’agence BEA Sig, figuraient 18 signés au nom d’un certain S. et qu’ils avaient contresignés, d’une valeur globale de près de 10 milliards de centimes prêts à partir en fumée. Là aussi, tout le monde se disculpera. La magouille a cependant été bien comprise par l’assistance. Z., un autre mis en cause, a été appelé à comparaître, lui aussi, pour chèques sans provision et détournement. Résidant à Oran, il était titulaire d’un compte à Sig. Il est accusé d’avoir profité de 24 chèques, découverts dans les tiroirs de l’agence BEA Sig, des chèques qui lui ont permis, avons-nous appris, de bénéficier de près de 62 milliards de centimes. Le ministère public s’étonne que, pour obtenir une somme aussi colossale, il ne lui a fallu que l’ouverture d’un compte de 10.000 dinars. Les responsables de la direction générale de la BEA feront état de leur très grand étonnement face à ce scandale qui n’a pu exister et perdurer avec une telle ampleur, diront-ils, sans l’implication du chef d’agence. Puis vient le tour d’une jeune fille, la dénommée M.F.Z., qui possédait un registre de commerce et était titulaire d’un compte bancaire géré par son père qui, lui, disposait de deux comptes. Elle affirme ne rien comprendre à cette affaire et que c’était son père qui s’occupait de la gestion de son compte. Le père, lui aussi incarcéré, a affirmé que sa fille n’était pour rien dans ces détournements et qu’il lui a fait ouvrir un compte afin qu’il puisse, avec ses propres comptes, combiner des opérations d’escompte entre le CPA et la BEA. Pour ce faire, il a fait signer à sa fille, précisera-t-il, une procuration, grâce à laquelle il a fait passer un chèque sans provision de 160 millions de centimes. Pour son activité personnelle, il dira avoir obtenu, grâce à l’aide complice des agents de la BEA Sig, la bagatelle d’1 milliard 250 millions de centimes. L’audience qui s’est achevée à 17h reprendra samedi. D’autres rebondissements sont à prévoir. L’assistance a été impressionnée par l’atmosphère détendue du procès mené avec souplesse par un président souriant, mettant à l’aise les accusés et pardonnant les « dérapages « de certains avocats.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com