S'il était un grand grenier alimentaire
pouvant ravitailler l'Oranie jusqu'à Boufarik dans les décennies précédentes,
c'est bien Mansourah dont les terres s'étendaient jusqu'à Abou Tachfine
(ex-Négrier).
Mais ce fut un temps car actuellement on
assiste à un massacre immodéré des oliveraies, de pècheraies, et des vignobles,
un potentiel non renouvelable de terres arables au grand dam de cultivateurs
qui voient la poussée du béton les envahir jusqu'à Lalla Setti. Et pourtant une
décision présidentielle dicte la préservation des terres agricoles et une autre
émanant du ministère de l'Agriculture encourage sur ces terres la relance de la
plantation de l'olivier: «C'est à se demander à quoi peuvent bien servir les
instruments d'urbanisme tels les PDAC, PAW et POS» lancera dépité le
responsable de l'association de la protection de l'environnement de la wilaya
de Tlemcen qui se demande aussi pourquoi les Tlemceniens ne réagissent pas face
à ce massacre. Il ajoutera plus loin que «pour Tlemcen, capitale de la culture
islamique» rien n'est trop beau et l'on peut injecter du béton à tout hasard.
Ce qui est curieux, c'est qu'on a voulu implanter le théâtre de verdure sur un
site archéologique et historique. Après quelques coups de pelles, fort
heureusement des habitations de l'époque mérinides ont été découvertes. Leur
mise à jour ferait bien l'affaire de cette manifestation (ndlr Tlemcen capitale
de la culture islamique». Mais Bouayed Morsli, président de l'ASPEWIT propose
une solution : «ces projets culturels auraient pu être érigés sur les immeubles
domaniaux désaffectés, tels les 3 minoteries de boulevards Lotfi, 1er novembre
et El Kalaâ supérieure à Tlemcen ou même les préfabriqués en amiante en plein
centre-ville». Une autre catastrophe écologique et non des moindres est celle
qui se profile sur le plateau de Lalla Setti qui est devenu en une décennie
urbanisable. Plus de 12 ha de cerisaies, de frênes, de micocouliers centenaires
seront bientôt abattus car voués à une vocation sportive. C'est toute une
biodiversité qui risque de disparaître alors que c'est l'année de la
biodiversité dans le monde. Pourtant, le plateau de Lalla Setti se trouve en
plein dans le Parc national donc protégé par le décret exécutif n°93-117
portant création du Parc national. Même le sous bois de Lalla Setti, nous
dit-on est saturé car trop piétiné par le facteur anthropique (les promeneurs
des week-ends) par les randonnées qui ne sont pas guidées.
Ce
qui est sûr, c'est qu'après l'année de Tlemcen, capitale de la culture
islamique, il ne restera plus que du béton çà et là, peut-être même des
infrastructures qui ne serviront qu'à une autre année Tlemcen, capitale de la
culture islamique. Le siècle prochain certainement.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Belbachir Djelloul
Source : www.lequotidien-oran.com