Tlemcen - Revue de Presse

Maghnia



L?information, la formation et la femme... Quelle langue utiliser dans les médias, surtout dans les radios de proximité, pour véhiculer le message et le faire parvenir à bon port ? C?est quoi être libre sans se discréditer et porter atteinte à autrui ? Peut-on informer sans former ? Mais, enfin, c?est quoi le rôle du secteur public dans le domaine de l?information ? Autant de questions auxquelles a tenté, avec aisance, de réponse Azeddine Benyagoub, directeur de Radio Tlemcen, lors de la journée d?études organisée à la salle Dounyazad de Maghnia par le conseil culturel communal. Sans s?enchevêtrer dans des explications pédantes, le conférencier souligne qu?« il serait vain d?opter pour une langue qui n?est comprise que par une catégorie d?auditeurs. Il est incontestable que nous sommes fiers de l?arabe classique, mais il ne faut pas se leurrer : l?idiome que nous avons choisi pour toucher le plus de personnes, surtout la frange illettrée, est l?algérien. C?est une langue médiane comprise par tout le monde et nous n?en faisons aucun complexe. » Mais les dialectes ne favorisent-ils pas le régionalisme ? « Non, loin s?en faut ! C?est une richesse. D?ailleurs, pour l?exemple, une de nos émissions, « Dédicaces », de par l?outil de communication utilisé - le téléphone - raffermit le lien national. Je pense aussi qu?il fait avancer l?émergence de l?Etat nation. » Sans fioritures, il affiche les objectifs de son média : « Nous pratiquons une information de proximité. Nous informons pour former et conformer à un modèle de citoyenneté. Nous défendons le concept de la citoyenneté responsable. C?est une culture et tout un processus que nous tentons de compléter avec conviction. » Sans le cacher, M. Benyagoub affirme que, dans sa radio, il prône le discours interpellatif. Mais quelle est l?importance de la femme dans l?information ? « Ce n?est pas un scoop de le dire, mais la femme pèse lourd dan le taux d?analphabétisme qui touche le pays, et surtout - les statistiques sont là -, nous sommes plus écoutés par les femmes que par les hommes. N?est-ce pas là une raison supplémentaire pour s?intéresser plus à elle ? » Selon l?orateur, la femme est dépositaire et la plus représentative des valeurs ancestrales. « comment peut-on prétendre pratiquer la démocratie si on est analphabète ? Dans l?état actuel des choses, tant que l?élément vivant de la société qu?est la femme est analphabète, marginalisé, on ne peut pas faire face aux défis, à l?essor technologique continuel. Et puis, pour être libre, il faut être responsable. Et nous oeuvrons pour contribuer à la citoyenneté responsable, à informer et former juste. » Belkacem Benabdallah, journaliste et écrivain, a, à son tour, évoqué le problème de la source chez le rédacteur. « Nous éprouvons beaucoup de problèmes dans l?exercice de notre fonction. Vérifier une information n?est pas une mission aisée, en ce sens que, pratiquement, toutes les portes sont hermétiquement fermées devant au journaliste. Ce dernier est fortement craint par des responsables d?où cette phobie chez ceux qui détiennent l?information. C?est ce qui explique que les journalistes sont continuellement traînés devant les tribunaux pour diffamation. Mais, c?est quand même ridicule de rencontrer ce genre de soucis dans un pays démocratique... » A Maghnia, le sujet de la presse et de la femme était tellement intéressant que les débats étaient chauds et attractifs. Un bon point donc pour les initiateurs de cette rencontre.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)