Tlemcen - Revue de Presse

Lutte contre les atteintes à l’environnement à Tlemcen



Un CET pour éviter les décharges sauvages Créé dans le cadre de l’éradication des décharges sauvages, le centre d’enfouissement technique (CET) réservé au groupement du grand Tlemcen (GGT), s’étend sur 25 ha à Djebel El-Hadid, dans la localité de Saf-Saf, distante de 6km à l’est de la ville de Tlemcen et relevant de la commune de Chetouane. Ce centre a été réalisé pour accueillir les déchets des communes respectives de Tlemcen, Mansourah, Chetouane (ex-Négrier), Aïn Fezza et même Amieur (ex-Lamiguier), distant de 14km du CET et auquel vient d’être ajoutée la commune Hennaya, quoique non prévue dans le projet initial. Etat des lieux avant l’implantation du CET Le site d’accueil du nouveau CET se réduisait à l’époque à des terres incultes laissées à l’abandon. On y trouvait, entre autres, la décharge publique de Saf-Saf, où étaient déversés les déchets venant des communes avoisinantes, dont Tlemcen. Les ordures s’y amoncelaient çà et là au gré des fantaisies des éboueurs. L’endroit recevait pourtant des «visiteurs assidus», en l’occurrence, 200 à 300 chiffonniers occasionnels, qui se relayaient sur le terrain, à la recherche de produits à consommer ou à revendre, particulièrement en certaines grandes occasions, telle que la fête de l’Aïd El-Adha. Quelques-uns parmi eux avaient même balisé leur territoire et en faisaient une chasse-gardée, interdite aux intrus. Si ces gens étaient aussi nombreux à fréquenter régulièrement les lieux, c’est qu’il y avait matière à gagner. Ils vivaient donc, en récupérant divers produits déversés quotidiennement et tout ce qui n’était pas consommable pouvait éventuellement être négociable. Il y a fort à parier que l’affaire était très rentable, sinon comment expliquer l’engouement des «abonnés» et leur empressement à investir quotidiennement leur «Eldorado». Les déversements anarchiques alliés aux recherches désordonnées ont fini par rétrécir l’espace comme une peau de chagrin. Les chemins qui y menaient, se sont retrouvés encombrés voire bouchés l’un après l’autre et au fil des jours. Pire, la pestilence s’en dégageait à des kilomètres à la ronde et toutes les ordures en décomposition déterrées par les fouilles, exhalaient des odeurs insupportables, au point d’offrir un terrain propice à toutes sortes d’infections. Par conséquent, les riverains encouraient les pires dangers et à ces difficultés d’ordre sanitaire, s’ajoutait l’insécurité, puisque l’endroit était infesté par la petite délinquance s’adonnant à des dépassements multiformes. Cet univers se devait de changer et la décision de créer le CET est venue à point nommé pour mettre fin au chaos qui s’annonçait. La lente mutation des mentalités et des lieux Lorsque le CET a été créé, il a fallu entreprendre tout un travail de sape visant à changer les habitudes acquises. Et il n’était pas facile de convaincre les habitués de ces lieux à abandonner, du jour au lendemain, une activité aussi juteuse dans un lieu, qu’ils fréquentaient assidûment, depuis plus de deux décennies pour certains. Faisant preuve de fermeté parfois, quand la souplesse ne suffisait pas, le directeur désigné, M. Zaoui Ahmed, parvenait à convaincre les récalcitrants l’un après l’autre. Peu à peu, les habitués se sont résignés à quitter les lieux, car ils avaient affaire cette fois à un organisme officiel, fondé par l’Etat, pour prendre désormais en charge cet espace. Après avoir réussi à éloigner cette meute de chiffonniers, qui exploitaient des jeunes, le responsable s’est chargé de l’éducation des autres structures, pour qu’elles cessent de déverser leurs déchets de façon anarchique, entre autres, les produits chimiques nocifs pour la santé des citoyens. Il tentera ainsi de mettre en place une nouvelle mentalité, en intégrant quelques-uns des habitués des lieux. Une fois entré en possession du terrain, il fallait le transformer et le rendre plus viable. Patiemment, le directeur et une équipe restreinte, composée en grande partie des chiffonniers reconvertis en salariés de l’entreprise, se sont attelés à redonner vie à un espace défiguré par l’amoncellement des déchets. Ceux qui déposaient les ordures, ont ainsi appris à le faire dans le respect des règlements imposés par l’administration. Un nouveau décor se met en place Il fallait d’abord dégager les chemins et déblayer le terrain. Les tas de détritus vont donc peu à peu disparaître par le biais d’un travail minutieux, accompli avec abnégation et courage, et nécessitant parfois 16 à 20 heures d’efforts soutenus par jour. Le travail a ensuite consisté à doter le centre des structures nécessaires, telles que les bâtiments techniques (bloc administratif, atelier d’entretien, abri pour engins et poste de contrôle), un casier étanche d’enfouissement des déchets d’une superficie de 3 ha, une clôture de 2.180m de périmètre et les équipements matériels d’exploitation nécessaires (pelle chargeuse, compacteur, camion à benne basculante et pont à bascule). Sitôt tous ces éléments nécessaires mis en place, le centre a commencé à recevoir les déchets provenant des communes, moyennant une participation financière annuelle. Les particuliers, quant à eux, doivent payer à la pesée (1DA/kg). Une fois triés et traités, les déchets sont enfouis dans les casiers étanches. Quant aux abats provenant de l’abattage d’animaux de boucherie ou de volaille, ils sont enterrés dans des fosses spécialement aménagées. Dans sa quête de rentabiliser davantage ses opérations, le directeur du centre s’est également doté d’une unité de récupération (plastique et carton), déjà fonctionnelle. Il compte mettre en place d’autres unités à l’avenir, notamment, celles du fer et du verre, avec la perspective de créer de nouveaux emplois. En plus de son caractère essentiellement environnemental, le CET pourra contribuer, même modestement, à la résorption du chômage. Les difficultés auxquelles est confronté le CET Ce centre a été mis en activité, alors qu’il n’est même pas encore inauguré officiellement, ses infrastructures étant déjà prêtes. Bien entendu, cette situation n’est pas sans nuire à son bon fonctionnement. Les difficultés sont surtout d’ordre financier, car les communes très souvent sans ressources, temporisent avant de s’acquitter de leurs factures et quand elles le font, c’est sous forme d’acomptes ou de paiements partiels. Ainsi en est-il de la commune de Hennaya, qui ne s’est pas encore acquittée de son dû, bien qu’elle ramène une bonne part de ses déchets, et ce, depuis avril 2007. Le CET a pourtant besoin de faire des recettes, ne serait-ce que pour payer les salaires et pour entretenir le matériel et enfin, pour essayer de retrouver un équilibre écologique longtemps rompu. Dans cet ordre d’idées, le directeur du centre est en train d’expérimenter l’élevage des escargots et apporte sa contribution à redonner vie aux perdrix dans la région. Dans le même sillage, il réfléchit à la création d’une pépinière. «Les idées ne manquent pas, mais nous avons besoin d’aide, financièrement parlant. Je souhaite que la participation des communes soit intégrée dans les dépenses budgétaires obligatoires. Ce serait là une manière de résoudre le problème des retards de versements, car notre centre a trop souffert du manque à gagner en cette fin d’année 2007. Toutefois, je garde bon espoir que l’année 2008 sera moins éprouvante, d’autant plus que le CET sera subventionné, durant les 3 années à venir. Je n’omettrai pas de soulever les tergiversations des autorités communales de la ville de Hennaya, dont la décharge sauvage doit disparaître, car le centre est prêt à s’en occuper. D’ailleurs, j’ai même établi une fiche technique à cet effet et il suffit que les responsables communaux affichent leur volonté de payer les frais, que nécessite un tel travail. Ils peuvent être sûrs que ce service sera fait proprement. Nous envisageons d’ailleurs de reboiser l’espace occupé par cette décharge, pour qu’il soit transformé en lieu de repos privilégié», poursuivra le directeur. Pourquoi pas un laboratoire à ciel ouvert? Notre interlocuteur parlera de sa mission avec ferveur, avec passion doit-on dire, tellement il s’investit totalement dans son travail. Il a déjà transformé le paysage, nous l’avons constaté de visu. Mais, habité comme il est, par le désir de bien faire, il est en mesure de l’améliorer davantage, avec l’aide de son équipe. Comment? En faisant de cet espace, un laboratoire à ciel ouvert, un cadre naturel où certaines espèces animales et végétales pourront se multiplier à leur aise. La protection de Dame Nature passe par des ouvrages de ce calibre. Toutes les collectivités, ainsi que tous les citoyens, sont interpellés pour apporter leur honorable contribution à l’édification de ce grand projet, qui vise avant tout la protection de l’environnement. Faisons preuve d’un comportement civilisé, afin de sauvegarder tout ce qui peut l’être encore. Notre sort n’est-il pas lié à celui de la nature qui nous entoure?... R. Zenasni
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