Le phénomène d'enlèvement d'enfants est en train de prendre ces derniers temps des proportions alarmantes au point de susciter une véritable psychose au sein de la population. Et la presse nationale a fait état ces derniers temps de plusieurs cas de disparition d'enfants ou de tentative d'enlèvement. Le dernier en date remonte à peine au début de cette semaine, c'est-à-dire samedi, à Aïn M'lila dans la wilaya de Oum El-Bouaghi. En effet, dans la matinée de cette journée du samedi, des citoyens vaquant à leurs occupations seront surpris par le crissement de pneus d'un véhicule occupé par trois individus qui s'arrêta brusquement à hauteur d'une fille à peine âgée d'une dizaine d'années qui sortait de l'école. Personne ne réalisa d'abord qu'il s'agissait d'un enlèvement quand deux individus descendirent du véhiculé pour y engouffrer de force la petite fille. Le temps qu'on s'aperçut qu'il était question d'un kidnapping, le véhicule avait déjà démarré en trombe vers la sortie de la ville. Fort heureusement, des citoyens eurent la présence d'esprit de relever le numéro d'immatriculation du véhicule des ravisseurs. Alertés, les services de sécurité mirent aussitôt des barrages routiers sur les principaux axes de la commune de Aïn M'lila et une véritable chasse à l'homme commença alors avec la participation de la population. Les recherches ne seront pas vaines puisque dans la même journée, les services de la police de Aïn M'lila réussirent à intercepter le véhicule à bord duquel se trouvaient les trois individus en compagnie de la petite fille. Les ravisseurs munis d'armes blanches n'opposèrent aucune résistance aux forces de sécurité qui récupèrent ainsi la victime du rapt saine et sauve. Les trois individus ont été présentés, hier, devant le procureur de la République du tribunal de Aïn M'lila et ont été placés sous mandat de dépôt. L'inquiétude que ce soit à Aïn M'lila ou dans d'autres villes du pays a atteint son comble au sein de la population. Particulièrement après la divulgation par la presse nationale de l'affaire de trafic d'organes d'enfants enlevés en Algérie et dans laquelle sont impliqués des Marocains et où sont mises en cause des cliniques de la ville de Oujda. Une affaire qui se révèle d'une grande gravité et qui vient confirmer que le trafic d'organes d'enfants enlevés sur le territoire national n'est pas le fruit de simples rumeurs. Rappelons que depuis deux ou trois années, la rue s'est emparée du sujet et une véritable psychose s'installe épisodiquement dans certaines wilayas du pays comme Constantine, Annaba, Oran ou Tlemcen où les plus folles histoires sur l'enlèvement d'enfants aux fins de trafic d'organes circulent, obligeant les services de sécurité à réagir officiellement afin de démentir toute apparition de réseaux de trafic d'organes humains. Mais voilà que la semaine passée les services de gendarmerie nationale de la wilaya de Tlemcen ont réussi à arrêter un ressortissant marocain alors qu'il tentait d'enlever un enfant de deux ans. L'enquête qui a suivi cette arrestation a permis de démanteler un réseau international d'enlèvement d'enfants et qui regroupe des subsahariens, des Marocains et des Algériens. Ce réseau, révélait l'enquête, était spécialisé dans l'enlèvement des enfants en Algérie pour les transférer en contrepartie de fortes sommes d'argent vers des cliniques privées où il est procédé à l'enlèvement de leurs organes vitaux. Ce sujet a été, hier, abordé par la rédaction de la chaîne III de la radio nationale avec Mostefa Khiati, président de la Fondation nationale pour la promotion et le développement de la recherche (FOREM). Le président de la FOREM relevant la gravité que le phénomène d'enlèvement d'enfants est en train de prendre en Algérie, devait insister sur la nécessité d'adoption par l'Assemblée populaire nationale de lois plus sévères. Rejoignant ainsi le propos de l'ancien chef du gouvernement, Ahmed Ouyahia, qui a appelé à une sévérité dans la punition des kidnappeurs, allant jusqu'à réclamer la peine de mort. Mostefa Khiati parlera sur ce chapitre du bilan 2007 en avançant le chiffre de 187 enlèvements. Rappelons en ce sens que les statistiques officielles font état de la disparition de 841 enfants, âgés de 4 à 16 ans, depuis 2001. Les chiffres officiels de l'an 2000 faisaient état de 28 cas d'enlèvement pour un seul mois. En 2002, 117 enfants ont été kidnappés, dont 71 filles. Le nombre d'enfants disparus s'élève à 168 en 2004. En 2006, 108 enfants ont été enlevés et 18 tués par leurs ravisseurs. Le président de la FOREM insistait hier sur la vigilance des parents et leur responsabilité. L'invité de la rédaction de la chaîne III a appelé à une intervention rapide des services de sécurité en cas de signalement d'une disparition d'enfant, en insistant sur le fait de revoir la réglementation actuelle qui prévoit le déclenchement des recherches 24 heures après le signalement d'une disparition. Revenant sur l'affaire de l'enlèvement et le trafic d'organes révélée par la presse la semaine dernière, Mostefa Khiati parlera d'un problème de sécurité nationale et appelle à l'élévation d'une protestation auprès des instances internationales. Enfin, Khiati dira qu'on a peu fait pour l'enfance et parlera de vide juridique en relevant qu'il n'existe pas en Algérie de code de l'enfant.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Mohamed Salah Boureni
Source : www.lequotidien-oran.com