
Le massacre économique causé par la contrebande de carburant vers les pays voisins de l'est et de l'ouest continue. Elle a déjà fait tant de pertes dans ses nuisances absolues, la voilà maintenant qu'elle continue, avec des dégâts collatéraux, chaque jour renouvelés. Après les chauffeurs de taxi, les propriétaires de bus et les automobilistes ordinaires qui se sont plaints du rationnement qui les pénalise eux, sans que cela ne se répercute efficacement sur la lutte contre le «fléau», ce sont maintenant les agriculteurs qui poussent une verte ? sans mauvais jeu de mots ? colère.A Tlemcen, «la campagne labours-semailles semble compromise le long de la bande frontalière avec le Maroc. En cause, le plafonnement des quotas de carburant très insuffisants par rapport au plan de charge des travaux», nous apprend notre correspondant local. Après l'équivalent en carburant de 500 dinars pour les voitures légères et 2000 dinars pour les poids lourds, voilà que les tracteurs sont rationnés à hauteur de 70 litres.Et toute une région touchée dans son activité économique la plus stratégique. Non seulement la solution du rationnement a d'emblée montré son inefficacité dans la lutte contre la contrebande de carburant, en plus, il pénalise considérablement d'autres secteurs d'activité qui doivent déjà avoir assez de problèmes pour qu'on leur en crée de nouveaux.S'il est vrai qu'à cause de l'ampleur du trafic, de sa rentabilité mais aussi et surtout de sa facilité, les services dont c'est la mission de le combattre ont du multiplier les pistes. Jusqu'à ne négliger aucun pan de la société, la gangrène ayant essaimé partout. Mais ce serait peut-être trop demander aux chauffeurs de taxi et autres transporteurs, aux entreprises qui ont besoin de leurs véhicules et aux citoyens ordinaires de subir les désagréments de solutions qu'ils savent dérisoires, et ils le disent.D'abord, parce qu'ils sont trop proches du terrain des opérations pour ignorer les moyens de lutte les plus efficaces, ensuite parce que si les résultats étaient brillants en la matière, ils seraient les premiers à s'en rendre compte. Il est surtout difficile de faire des efforts, en faisant contre mauvaise fortune bon c?ur, maintenant qu'ils savent ? comme tout le monde ? que le ver est dans le fruit ! N'est-ce pas que l'essentiel des stations-services des régions frontalières de l'Ouest comme de l'Est sont sujettes à enquête policière depuis qu'on a découvert qu'il fallait peut-être commencer par balayer devant chez soi 'Pas facile dans ces conditions de demander aux agriculteurs de Tlemcen de faire avec les moyens du bord pour boucler une campagne de labours-semailles ! Et quand on sait l'ostentation avec laquelle les pouvoirs publics affichent, à l'orée de chaque saison, leur «volonté» et leur «disponibilité à tout mettre en ?uvre pour la réussite de la campagne labours-semailles» qui se déroule toujours «dans les meilleures conditions», on comprend mieux l'ire des agriculteurs.Pour cette année, une condition ? et pas des moindres ? au moins ne semble pas réunie, puisque le carburant, qui n'aurait jamais dû poser problème, se fait déjà problématique en la circonstance. Si, avec ça, on ne passe pas à des solutions plus sérieuses que le rationnement à la pompe, c'est que le mal est encore plus profond qu'on ne le pense.laouarisliman@gmail.com
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Slimane Laouari
Source : www.letempsdz.com