Tlemcen - A la une

Les fléaux de ghettos et les fêtes de jet-set



Les fléaux de ghettos et les fêtes de jet-set
Les douanes de Maghnia déclarent avoir intercepté huit tonnes de résine de cannabis en trois semaines, dont deux saisies à Nedroma en une nuit. À Tlemcen, la gendarmerie parle de soixante-deux tonnes... Bref, l'Algérie est un grand client du trafic de drogue qui prospère à travers la frontière algéro-marocaine.
La consommation de kif et d'autres substances plus 'dures" s'est banalisée. Elle transite, voyage, se commerce dans la clandestinité. Elle se consomme, aussi, dans l'intimité des caves, des intérieurs, des cachettes escamotées, mais également dans de respectables intérieurs parfois convertis en fumeries de luxe. Mais la prohibition n'empêche pas le développement du commerce et l'usage de la drogue, aujourd'hui, de notoriété publique.
La consommation de drogue constitue l'expression la plus éclatante de cette Algérie décadente où tous 'les maux sociaux" sont prohibés, mais où tous ces 'maux" prolifèrent aux dépens de victimes ghettoïsées par le déni de réalités coupables des autorités officielles. Souvenons-nous des débuts de pandémie de sida quand des médecins venaient nous expliquer, à la télévision, que nos m'urs musulmanes et la fidélité qu'elles nous imposent suffisaient à nous préserver de cette malédiction pour mécréants !
Depuis, tout se passe en souterrain. La corruption, les trafics, la prostitution... Un peu comme si l'Etat refusait de voir les tares de la société plutôt que de se résoudre à les affronter. Et la société s'est adaptée. Les femmes ne doivent pas fumer dans les espaces publics ' Qu'à cela ne tienne ! Un commerce de salons dits 'de thé" est voué aux fumeuses, et les tenanciers de bureaux de tabac s'appliquent à dissimuler le paquet de cigarettes dans des sachets opaques de sorte que même le client voisin ne voit pas le contenu du sachet de la dame. D'autres salons sont dédiés au racolage, avec un étage distinctement 'réservé aux familles".
Même l'alcool, qui se vendait et se consommait dans des lieux consacrés et apprêtés pour l'usage, se mit à être progressivement refoulé hors de la vue de la société, alors même que la production nationale des vins et bières, ainsi que leurs ventes, sont en constante augmentation ! Aujourd'hui, les cadavres de bouteilles et de canettes emplissent et polluent les espaces isolés et les bords de route. Chacun peut constater, au petit matin, en sortant de chez lui, les empreintes laissées par les ivrognes de son quartier.
Nous sommes en totale tartufferie. Il faut cacher ce sein qu'ils ne sauraient voir, eux et les vigiles qui leur inspirent cette bigoterie. La question est de se conformer au v'u de ces doctes qui n'attendent de nous rien d'autre que le port du hidjab, du kamis et du tapis synthétique sur l'épaule, histoire de s'assurer de notre soumission à leur autorité de gourous. La santé des jeunes, ils s'en moquent : la preuve, la femme fait bien plus souvent objet de sermons que ne le sont le fléau toxicomaniaque ou l'incivisme agressif de bandes de jeunes.
Pendant ce temps, la 'jet-set" s'adonne à la débauche de luxe dans ses hôtels classés et derrière les enceintes de zones sécurisées. Mais là, ce n'est pas la débauche, c'est la fête.
M. H.
musthammouche@yahoo.fr
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