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Les enfants ne mourront plus à Ghaza



Les enfants ne mourront plus à Ghaza
A Ghaza, il y a toujours mort d'enfants et de nourrissons. Sous les bombes et le feu. Mais le timing est édifiant et renseigne sur la puissance des ramifications internationales du lobby pro-israélien. Pendant que se prépare le plan machiavélique d'agression et de liquidation du peuple palestinien à Gaza, la situation créée de toutes pièces au nord du Mali doit entretenir l'illusion et apporter de la matière et du grain à moudre à la presse internationale et aux différentes chaînes de télévision occidentales.
Le faux conflit du Sahel, qui a été amplifié pour des desseins qui ne sont pas du tout ceux des peuples de la région, doit faire oublier le vrai conflit du Proche-Orient et les véritables droits inaliénables du peuple palestinien, d'une patrie avec des frontières internationalement reconnues avec pour capitale Jérusalem. Il doit aussi faire oublier toutes les exactions subies par ce peuple. On continue toujours de susciter et d'entretenir les conflits, de maintenir la tension et de tenir en haleine l'opinion internationale. Cette pression exercée, comme actuellement à propos du Sahel, a pour objectif d'ouvrir la brèche nord-malienne, d'enclencher l'intervention militaire pour s'y engouffrer et y fixer un abcès de tension pour faire diversion. Mais, il faut pour cela obtenir le quitus du Conseil de sécurité des Nations unies. A Ghaza, la visite de Hichem Kendil, Premier ministre égyptien, a apporté du baume au c'ur des habitants de cette ville meurtrie mais également bien au-delà de la Palestine. Une personnalité politique de premier plan, venue manifester la solidarité de l'Egypte et exprimer le soutien du président égyptien, premier président civil élu démocratiquement dans ce pays, a précisé que cela faisait bien longtemps que cette visite était attendue surtout de la part d'un pays si proche et frontalier. L'agression contre Ghaza doit révéler à l'opinion internationale que les changements politiques en cours ou en gestation dans le monde arabe ne sont pas aussi prématurés qu'on peut le croire, ni dépourvus de toute légitimité populaire. Le doute n'est plus permis et les convulsions profondes qui traversent cette région traduisent et portent une réelle lame de fond qui veut en finir une fois pour toutes avec ces régimes arabes, dont le soutien à la cause palestinienne a toujours servi d'alibi, et tout le monde le sait, à leur propre survie politique puisque ne disposant pas pour la majorité d'entre eux de légitimité démocratique et ayant accédé le plus souvent au pouvoir par la force tout en infligeant les pires sévices à leurs propres peuples. Cette lame de fond veut en finir aussi avec l'impunité dont jouissent ceux qui depuis des décennies écrasent toute la région avec leur puissance militaire supposée, bien que le mythe de l'invincibilité de Tsahal et éclaboussent avec leur réseau d'influence toutes les lois et toutes les conventions internationales. La shoah est une réalité historique que nul ne peut nier et l'antisémitisme doit être condamné et combattu avec la plus grande fermeté. Mais ces deux situations extrêmement tragiques doivent-elles toujours être invoquées pour continuer de justifier l'exception israélienne dans son statut de seul pays au monde qui ne doive jamais rendre de comptes, ni sur le potentiel nucléaire militaire qu'il détient, alors que les Etats-Unis et certaines puissances occidentales remuent ciel et terre pour demander des comptes à l'Iran, l'isoler, le boycotter, l'empêcher de maîtriser et d'accéder même au nucléaire civil et le menacer d'attaque et de bombardements de ses sites et centres de recherche, ni sur les exactions qu'il commet, ni sur la terreur qu'il exerce sur les populations civiles palestiniennes, ni sur le blocus de Gaza qu'il maintient, ni sur les nombreux assassinats politiques qu'il commandite, organise et met en 'uvre dans de nombreux pays, sans jamais être inquiété ni répondre de ses actes ' Le tribunal pénal international a été donc créé pour que ne soit jugée finalement qu'une seule catégorie de personnes. Celle issue de pays faibles qui ne disposent pas de l'influence suffisante et des articulations nécessaires pour neutraliser les investigations et les actions des juges de La Haye. Et personne n'osera juger un jour les auteurs de crimes, ni même oser juste les évoquer, comme ceux commis à Deir Yassine, Kafr Kassem, Sabra et Chatila et d'autres plus récents encore, comme à Gaza. Israël ne recule devant rien. Il brise et réduit au silence même les consciences juives qui osent s'exprimer, s'indigner, condamner son attitude où soutenir les revendications du peuple palestinien. De nombreux juifs, certains peut-être venus même d'Israël mais détenteurs de passeports français, sont venus se recueillir sur la tombe du Rabbin Enkaoua, à Tlemcen, sans que personne n'y trouve rien à redire tant les musulmans, mieux que quiconque, savent toujours faire la part des choses. Mais au-delà de la cause palestinienne, il y a aussi les lieux les plus sacrés des musulmans comme la mosquée d'El-Qods que les Israéliens profanent et piétinent chaque jour et menacent de détruire ainsi que la situation inhérente aux lieux sacrés appartenant aux cultes chrétiens. Cette dimension confère donc à la question palestinienne une envergure bien plus importante que tout ce que l'on peut imaginer. Et Leila Khaled, Georges Habbache, Nayef Hawatmeh, Abu Jihad, Cheikh Yassine, El Rantissi sont les maillons d'une chaîne de résistance héroïque et de combats courageux qui puise sa légitimité dans les droits légitimes du peuple palestinien, dans toute sa diversité, et qui se fortifie de l'injustice, de l'errance et de la souffrance infligées au peuple palestinien depuis longtemps, depuis la Nekba, depuis l'errance, depuis 1948. La détermination de ceux qui défendent et qui portent la cause palestinienne est cependant affaiblie par les dissensions qui traversent le monde arabe et les trahisons de certains régimes autoritaires qui le dirigent. Et de celles aussi de certains responsables palestiniens. Aujourd'hui l'agression israélienne contre Gaza permettra d'évaluer le véritable soutien sur lequel pourra compter le peuple palestinien. Ce soutien va devenir le marqueur de légitimité de ces régimes et l'indicateur de leur véritable indépendance vis-à-vis de puissances économiques mondiales connues pour leur soutien indéfectible à Israël et l'usage systématique qu'elles font de leur droit de veto quand il s'agit de bloquer les résolutions où de neutraliser les projets de résolution qui condamnent ce pays au Conseil de sécurité. Cette agression met aussi a mal les pays arabes qui plaident pour une normalisation avec Israël sans aucune contrepartie car la pression des opinions arabes est devenue un facteur sain, déterminant et extrêmement important pour l'avenir. Les visites du Premier ministre égyptien et du ministre tunisien des Affaires étrangères doivent être suivies par d'autres. Il faut se rendre à Gaza même sous un déluge de bombes ! Car le scénario qui se précise et qui se profile à l'horizon fait craindre le pire. Les surenchères politiques inhérentes aux élections législatives prochaines en Israël, notamment du fait des partis de la droite sans doute là-bas aussi «décomplexée», l'affront subi au Liban face au Hezbollah, la résistance farouche des groupes armés du Hamas et du Jihad islamique, notamment durant l'agression puis l'invasion de Gaza en 2008 qui a été, selon de nombreux experts militaires, un retentissant échec, pourraient inspirer quelques irréductibles qui peuvent décider, puisqu'ils ne pourront probablement jamais le faire par des moyens militaires conventionnels, d'en finir une fois pour toutes avec Gaza et de faire usage, comme à Hiroshima, de l'arme nucléaire. Ce scénario improbable fera sans doute embraser toute la région. L'hiver et le froid sont déjà là. Les besoins des populations de Gaza, et probablement de Cisjordanie vont certainement augmenter si le conflit se propage et s'étend. Nourritures, lait et médicaments pour nourrissons, structures sanitaires, vêtements pour enfants, masques à oxygène, couvertures seront nécessaires et indispensables.
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