Le boycott de la cérémonie officielle de l'ouverture de l'année judiciaire 2012-2013, décidé par les avocats le 17 novembre dernier, n'a finalement pas eu lieu.
«La situation s'est stabilisée et les audiences se sont déroulées», a affirmé maître Khaled Bourayou. Mais les avocats restent divisés sur la manière dont le dialogue a été mené. Certains se montrent optimistes, considérant le PV signé mercredi dernier comme un acquis considérable.
D'autres, par contre, expriment leur inquiétude quant au devenir du projet de loi devant régir la profession d'avocat et appellent leurs confrères à la vigilance. Exception de maître Mokrane Aït Larbi qui refuse de faire tout commentaire. Au sujet du devenir du mouvement des avocats menacé par des clivages, Me Aït Larbi s'est contenté de dire : «Laissons faire et on verra plus tard.» Par ailleurs, maître Afif du barreau de Boumerdès s'est montré très critique à l'égard des responsables des barreaux d'Algérie, à l'exception du barreau de Tlemcen qui «a refusé d'adhérer au dialogue en dehors de l'assemblée générale», a-t-il précisé.
Pour rappel, un protocole d'accord signé par le ministre de la Justice et les responsables du conseil national du syndicat des avocats, mercredi dernier, comporte 19 points. «L'initiative n'est pas mauvaise», a commenté Me Afif, qui accuse les bâtonniers d'avoir conclu un accord à l'insu de la base (les avocats). «La procédure légale a été violée, on ne peut pas décider à la place de l'assemblée générale. La réunion n'a pas été tenue dans les normes», a souligné le barreau de Boumerdès considérant que le ministre de la Justice est dans son rôle lorsqu'il appelle au dialogue pour gérer la contestation. Et de poursuivre : «Nous sommes révoltés. C'est très triste pour l'Algérie. Il est très grave de voir les bâtonniers se comporter de cette manière. Les avocats sont très mal représentés.»
Ce dernier est très inquiet pour le projet de loi qui, d'après lui, risque de disparaître définitivement. Le premier point de l'accord conclu porte sur le projet de loi devant régir la profession d'avocat. Le barreau de Boumerdès s'interroge sur la nature et le statut juridique de la commission mixte devant prendre en charge ce projet de loi. «Les membres de cette commission ne sont toujours pas définis. Est-ce que cette commission aura le pouvoir décisionnel '», se demande l'avocat considérant que le problème du statut de cette commission est resté entier. En revanche, Me Nourdine Benissad, président de la LADDH (Ligue algérienne pour la défense des droits de l'homme), s'est montré favorable au processus de dialogue avec leur tutelle. «Je suis partisan du dialogue. Mais ce dernier doit être sérieux et sans arrière-pensée. Il doit prendre en compte l'intérêt de la profession. Le droit du citoyen doit être au c'ur de tout dialogue», exige le président de la LADDH. Ce dernier considère l'accord signé comme étant une bonne chose. Néanmoins, il appelle les avocats à la vigilance. Au sujet de la révision du code des procédures civiles et administratives, Me Benissad trouve que la participation des avocats, des magistrats, la société civile et le justiciable lui-même est indispensable.
Pour sa part, Me Khaled Bourayou considère le PV signé par les représentants des avocats et leur tutelle comme un acquis très important. «Ce qui a été accordé en une demi-journée n'a pas été fait pendant 40 ans», affirme-t-il. A ce titre, Me Bourayou préfère reporter la décision de la grève à la prochaine AG prévue pour le 25 janvier 2013. Entre-temps, «il faut mettre le ministère de la Justice à l'épreuve. L'assemblée du 25 janvier 2013 sera consacrée à l'évaluation du processus du dialogue», affirme Me Bourayou considérant la suspension de la grève comme étant la décision «la plus raisonnable». Au sujet de l'AG de samedi dernier, Me Bourayou estime qu'elle a été très mal gérée. «Il y a eu une précipitation à la levée de la séance sans compter ceux qui sont pour et ceux qui sont contre», a-t-il relevé.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Djedjiga Rahmani
Source : www.elwatan.com