Toujours affable et souriant, le commissaire du Festival international du théâtre, bien confiant dans le rôle social du quatrième art, nous a accordé cette interview juste avant l'ouverture de cette manifestation qui s'est faite dans le faste et la fête...
L'Expression: Un mot sur cette nouvelle édition du Festival international du théâtre d'Alger qui se déroule cette année à Béjaïa'
Brahim Noual: C'est une édition spéciale, c'est aussi beau que cette ouverture(soirée d'inauguration Ndlr) qui est une mosaïque avec les couleurs de Béjaïa, de la zorna et tbabla jusqu'aux jeux de rue. C'est important pour nous d'être au rendez-vous avec les Bougiotes, avec cette ville qui a quand même une histoire, une civilisation et qui est pour nous et pour le ministère de la Culture la soeur jumelle de Tlemcen.
C'est autant important pour nous que pour les hommes et les femmes de théâtre qui doivent se rencontrer dans un espace de dialogue et la ville de Béjaïa est une ville ouverte sur le dialogue, depuis sa naissance non pas géographique mais je dirais historique et civilisationnelle.
Quelle est la particularité de cette nouvelle édition'
Sa particularité c'est déjà Bougie avec tout son environnement et ses ambitions. C'est une ville qui s'ouvre non seulement sur la mer mais sur l'autre. Le théâtre de Béjaïa est à l'image de son icône qui est Malek Bougermouh.
Chaque actant de ce théâtre a une dynamique et une énergie. Je pense que cette particularité va briller pendant toutes ces journées, ces veillées et ces soirées. L'intérêt pour nous c'est de faire des rencontres, de dialoguer, à travers les networks, bien sûr puisqu'il y aura des directeurs de festival, des directeurs de théâtres régionaux mais aussi de participants qui nous viennent du Japon, d'Allemagne ou de Guinée.
L'intérêt, c'est ce dialogue-là qui peut être théâtral, artistique, culturel et qui peut aboutir à des convections, à des échanges. On ne cessera de le dire ou de le faire, les master class ou formations, même si on n'a pas la prétention d'être un espace de formation académique nous voulons cependant instaurer un système, des mécanismes pour que la formation, le savoir, puissent être au rendez-vous, qu'il y ait aussi des revendications de la part des amateurs et professionnels de théâtre dans le sens des actes de la parole, des actorats, de la scénographie, de la critique théâtrale, je le dis et je le revendique c'est important pour nous que ces espaces de formation puissent aboutir aussi à une demande pour une formation plus forte, plus avancée. C'est aussi une forte participation internationale.
Bien sûr, il ne faut pas qu'on ait des complexes vis-à-vis de l'autre. Le partage se fait dans un dialogue et nous voulons apprendre avec l'autre. C'est important pour nous d'apprendre avec l'autre qu'ils viennent d'Afrique pour les actes de la parole, pour le patrimoine immatériel, ou qu'ils viennent d'Europe ou du Japon, car cette revendication, cette réappropriation du patrimoine universel est importante pour nous. Les rencontres ne se feront pas seulement sur scène, ni en feed-back avec le public «actant» mais se fera aussi à la périphérie de cet événement puisque nous avons aussi un partage avec la poésie, la littérature, nous allons rencontrer des poètes, des romanciers...
Et puis un colloque croit-on savoir, qu'en est-il au juste'
Pour nous c'est une réappropriation de notre histoire, de l'histoire du théâtre arabe et algérien. Le thème c'est «Expérience, empreinte et partage». C'est l'empreinte des grands qui nous ont précédés, avec lesquels nous voulons grandir. Car c'est important pour nous de connaître d'où l'on vient. Et de le définir scientifiquement avec les gens de la science, les universitaires et je le redis, le théâtre c'est le partage, nous voulons partager le savoir et construire des passerelles avec des chercheurs pour que le théâtre se porte mieux et qu'il puisse être un espace convivial mais aussi de plaisir d'apprendre.
Un mot sur les pays participants cette année'
On essaye, bien sûr, d'être non pas au diapason majeur qui est Tlemcen, capitale de la culture islamique mais nous nous sommes appropriés cette philosophie, cette approche pour rencontrer le théâtre de l'Arabie Saoudite, du Koweït, mais aussi de la Guinée et d'autres pays, comme la France, l'Allemagne, la Tunisie, le Maroc, l'Irak. C'est important pour nous d'exister avec l'autre. Aller au-delà de toutes les convergences. Au contraire nous nous rapprochons des confluences et c'est important que le théâtre joue ce rôle de confluent vers les meilleures idées sans pour autant unifier ni aller vers l'unité ou le dogmatisme; bien au contraire.
Une dernière question: 2012 sera placée sous le signe de la célébration du cinquantième anniversaire de l'indépendance. Le cinéma a déjà un programme tracé en ce sens, qu'en est-il du 4e art'
C'est important pour nous que le festival soit présent dans le cadre de ces commémorations et donc il y aura un hommage à la troupe du FLN et ce sera aussi un hommage aux pays qui l'ont reçue pendant la Révolution, donc de 1958 à 1961. Que ce soit la Russie, la Croatie, la Chine, les pays arabes comme le Maroc, l'Egypte, etc. et ce n'est pas une revendication historique mais culturelle, parce que c'est la troupe du FLN qui a fait naître le TNA. Nous devons au moins nous remémorer cette mémoire, qui est notre mémoire collective.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : O HIND
Source : www.lexpressiondz.com