Tlemcen - A la une

Le rôle de la société civile en question



Le rôle de la société civile en question
Si au départ, la constitution d'une organisation locale est mue par un souci d'apporter un plus à sa localité, son quartier, sa confrérie? la réalité du terrain et la ténacité des pouvoirs publics freinent rapidement les ardeurs des uns et des autres. «Une association n'est pas une opposition à l'autorité locale, mais un complément.Sauf que chez nous, dès qu'une association se met à revendiquer les plus infimes droits pour la collectivité, elle devient suspecte. Et c'est là que des représailles apparaissent subtilement, à commencer par priver les «téméraires» de subventions. Et une association à but non lucratif qui ne vit que de ça, est subitement paralysée.Alors, dans ce cas, soit on est obéissant et donc être à la merci des autorités locales, soit, on fait autre chose», témoigne, amer, un ancien président de comité de quartier. Cependant, à Tlemcen, il existe des organisations qui n'ont pas toujours leur langue dans la poche et qui refusent de s'assujettir aux caprices des responsables. «Nous n'avons jamais regardé au-dessus de nos têtes pour voir cette épée de Damoclès.Nous activons sans moyens peut-être, mais nous continuons à faire avec», renchérit un autre un membre d'association en exercice. L'Association de la sauvegarde et de la préservation de l'environnement de la wilaya de Tlemcen (ASPEWIT) sort pratiquement du lot en dénonçant sans calcul et sans caresser dans le sens du poil. Son président, M. Morsli Bouayad, appelé «Monsieur Arbres» a, à son actif, plusieurs plaintes déposées contre des élus, des commis de l'Etat et des citoyens. «On a recours à la justice à chaque fois que la nature est malmenée, quand le cadre de vie des citoyens est perturbé. On a eu gain de cause dans des procès, mais cela ne suffit jamais, il faut de la sensibilisation», dit-il. Mais, cette ténacité et cette rage de défendre sa cité font-elles de l'Aspewit un interlocuteur de poids dans la vie de tous les jours' Pas évident. «On nous respecte, on nous encourage. Pour notre part, on peut dire qu'on a contribué à quelque chose dans notre ville, mais le pouvoir tel que perçu universellement, j'en doute», explique M. Bouayad.C'est une lapalissade de dire que les associations «consultées» par les responsables locaux sont généralement celles qui exécutent les programmes de ces derniers. Des associations bénies par le Pouvoir. «On ne peut pas nous en vouloir si on répond aux appels des autorités, lors de grands événements, ce n'est pas de la complaisance.Notre but, ce n'est pas d'influer ou quoi que ce soit, on n'est pas des partis politiques. Sauf que pour collaborer avec les responsables, il faut que cela soit dans l'intérêt de la population», affirme le secrétaire général d'une association musicale. Et ce n'est malheureusement pas toujours le cas pour des dizaines d'associations prêtant ostensiblement allégeance à l'autorité locale.


Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)