Tlemcen - Revue de Presse

Le point du mardi : Raconter ailleurs?



Il a fallu que je parte au pays de Cervantes pour rencontrer un compatriote, la soixantaine passée, pour lire un pan de l?histoire de mon pays. Une partie de notre tragédie racontée sans fard, avec précision. Les faits ne sont pas subversifs. Simplement vrais. Une raison qui a contraint Hadj Mohamed à publier son témoignage ailleurs que chez lui. Et en parler à un auditoire composé des militants des droits de l?homme. « Qu?est ce que vous en pensez, monsieur ? » m?a-t-on interpellé, émus par le récit, lors de la conférence de presse. Je ne pouvais que dire que « j?ai un peu honte de vous dire que je viens de prendre connaissance du livre, en même temps que vous. Et même l?auteur, qui est de la même région Ouest que moi, en plus, je ne l?avais jamais rencontré auparavant. Ce n?est pas la faute au manque de transport? » Je n?avais pas besoin de terminer, au risque de voler la vedette à l?invité algérien de marque. Voler la vedette par l?ambiguïté de la situation... Le plus émouvant dans le prestigieux siège du collège des journalistes de la Catalogne, lieu où s?est déroulée la rencontre, c?est la présence de Maghrébins installés sur le sol ibérique, dont un Algérien? sans papiers. De ma wilaya. Un vrai clandestin que seule la nostalgie a fait venir. Parce que le drame algérien, il en est un segment. Mais, malgré la précarité de son destin, Mounir est resté digne. Il n?en a pas soufflé un mot. Sauf cette phrase « Je retournerai à Tlemcen, même à la nage ! », avant de se faufiler entre les ruelles tortueuses qui jouxtent Las Rambla? Pathétique sort de compatriotes traînant leurs douleurs ailleurs?
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