Tlemcen -et ce n?est pas une exclusivité- est en chantier. Les élus ne doivent en tirer aucun mérite, si ce n?est celui d?exécuter à la lettre et sans inspiration personnelle les projets de développement programmés par l?Etat. Des élus qui n?ont même pas le pouvoir de choisir la peinture et les couleurs des façades, ni le type de lampadaires, encore moins les rues et les places à réaménager. Mais, au-delà des gesticulations populistes, le plus frustrant c?est cette vision des choses discriminatoires dans la restauration des sites dont la cité des Zianides en compte à la pelle, tous aussi précieux les uns que les autres. Hélas, une perception du sens de la priorité qui n?est pas perçue de la même manière chez les uns et les autres. Sinon, comment concevoir que les autorités qui se targuent de posséder des milliards, se rebiffent quand il s?agit de restaurer le quartier millénaire de R?hiba, berceau de Messali Hadj, de Maliha Hamidou ? Livré à lui-même, il s?effiloche de jour en jour, assassinant dans l?indifférence totale un pan de la mémoire tlemcénienne. Peut-être que les costumes craignent la poussière des venelles tortueuses et l?humilité de ses occupants? Peut-être craint-on que chaque mur fissuré, chaque porte ancestrale ouvrant sur un patio, rappelle aux esprits zélés le massacre architectural qui défigure toute une civilisation, toute une personnalité. Et c?est dans cette logique lugubre que Tlemcen est devenue une cité ocre avec des palmiers importés? Il ne manque que le sable pour en faire une oasis. Pourquoi aller à Taghit, alors ?
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Chahredine Berriah
Source : www.elwatan.com