Tlemcen

Le phénomène a pris des proportions alarmantes



Racolage des malades au CHU de Tlemcen Le racolage des malades dirigés sur les cliniques privées, par certains praticiens exerçant au CHU de Tlemcen, a pris des proportions alarmantes et même fatales dans certains cas.   Le procédé consiste à se faire examiner à l’hôpital par un chirurgien ou par un résident, qui se chargent ensuite de procéder eux-mêmes à l’opération, et ce, dans la clinique privée de leur choix. Telle est l’amère réalité vécue par des centaines de malades, voire des milliers. Pourtant celles ou ceux qui prennent généralement le chemin de l’hôpital, pour y accéder aux soins ou y subir une intervention chirurgicale voire des analyses médicales et/ou radiologiques, sont issus des couches les plus démunies, autrement dit, le sans-grade et le revenu moyen, en tous cas, ceux qui ne peuvent se permettre des soins spécialisés chez les privés. Malheureusement, c’est précisément cette classe sociale qui est confrontée à ce phénomène, lequel a fini par atteindre des proportions inhumaines. Les témoignages recueillis font état d’une véritable arnaque, dans certains cas. Dans certaines cliniques privées, on ne se soucie guère de la santé des malades, ni encore moins de la qualité des soins prodigués. Certains patients ont payé de leurs vies ces pratiques, qu’on ne peut en aucun cas qualifier de «médicales». Le malade quitte souvent la clinique 24 heures après son intervention chirurgicale, sans surveillance post-opératoire. Contrairement au CHU, où cette phase est assurée sur une durée allant de 8 à 15 jours, selon le cas pathologique. D’ailleurs, les témoignages de certains malades sont édifiants et relèvent dans certains cas de l’inimaginable. C’est du moins le cas de Mme B. Nadjia qui, en étalant le dossier médical de son mari, nous a relaté le calvaire qu’il a vécu: «Mon mari souffrait de douleurs abdominales. Examiné par un résident de la polyclinique sise à Boudghène, ce dernier a diagnostiqué la présence d’une lithiase biliaire et l’a orienté vers une clinique privée, car disait-il, cette pathologie nécessitait l’intervention d’un spécialiste et un matériel adéquat. Sur ce, je devais débourser 3,5 millions de cts d’avance, quand mon mari fut admis pour être opéré en clinique. Je n’avais pas l’argent disponible et j’ai dû me séparer de mon bracelet en or, pour réunir la somme exigée par la clinique. Mais, après avoir subi l’opération envisagée et quitté la clinique, mon époux souffrait toujours des mêmes douleurs abdominales. Je suis donc retournée à la clinique, où on me fit signifier que le praticien qui l’avait opéré, était absent. Devant ce fait accompli, j’ai fait admettre mon mari, cette fois, aux UMC du CHU de Tlemcen, où il subira d’autres examens radiologiques. Quelle ne fut ma stupéfaction, quand le médecin m’apprit que mon malheureux époux n’avait subi… aucune ablation de la vésicule biliaire. La vésicule était toujours là et mieux, elle n’est même pas… lithiasée, autrement dit, sans le calcul supposé. En fait, mon mari souffrait d’un banal ulcère abdominal. Je suis alors retournée à la clinique privée, munie de tous les certificats médicaux et pour ne pas que j’aille déposer plainte, la direction de cette clinique m’a remboursé tous les frais médicaux et même les frais de la prétendue opération chirurgicale.» Combien de personnes ont-elles subi le même sort? Elles seraient nombreuses, si l’on en croit H. Saïd, qui nous relate le cas de sa grand-mère, opérée dans une clinique privée: «Après avoir été opérée, ma grand-mère a quitté la clinique le lendemain de son opération. C’était aussi pour une vésicule biliaire. Comme sa santé se détériorait de jour en jour, nous avons fait appel à un médecin privé, pour une consultation à domicile. Ce dernier, après avoir enlevé le pansement, a constaté que tous les points de suture avaient sauté. Il n’a donc pas voulu la toucher. Il nous a donc recommandé de la ramener en urgence à la clinique, où elle a été opérée. Nous avons contacté le SAMU des pompiers, pour transporter la patiente à la clinique en question. Là, les responsables n’ont même pas voulu la prendre en charge et on a été obligé de la faire admettre aux UMC de l’hôpital, où une hépatite virale fut finalement diagnostiquée et aucune intervention sur la vésicule n’a été pratiquée. Admise enfin au service infectieux du CHU de Tlemcen, ma grand-mère s’est éteinte 04 jours après.» Les témoignages de ces cas sont nombreux. Si nous n’avons retenu que ces deux cas, c’est parce qu’ils sont les plus éloquents. D’autres personnes nous ont relaté des cas de malades opérés dans des cliniques privées et qui ont été évacués dare-dare vers le CHU Tlemcen, suite à des complications. Certains en sont morts, d’autres ont été sauvés in extremis, comme cet anesthésiste exerçant à l’hôpital et qui a été opéré dans une clinique privée. Il n’aura dû son salut, selon lui, qu’à l’intervention urgente des praticiens du CHUT. Il en garde toujours les séquelles, puisqu’il s’en est sorti handicapé à vie et ne peut même plus exercer son métier. D’autres malades ont été tout simplement arnaqués. Ne présentant aucune pathologie sévère, ils furent orientés vers le privé, pour subir des scanners, des analyses et autres examens. Finalement, le problème qui mérite d’être soulevé est celui créé par certains praticiens relevant du secteur sanitaire (CHU) et qui exercent clandestinement dans ces cliniques privées. Ce sont ceux-là qui servent de rabatteurs du gibier (les malades), qu’ils dirigent docilement vers ces établissements privés. Pour ces praticiens, le serment d’Hippocrate importe peu. Seul l’enrichissement par le gain facile compte, même si c’est au détriment de la santé de leurs concitoyens, les plus pauvres de surcroît. Faut-il comprendre que l’humanisme et la conscience professionnelle ont fait leur temps?...
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