Du jamais vu dans la capitale des Zianides ! Les étrangers de passage sont étonnés de voir des files de voitures stationnées jour et nuit devant les stations d'essence. Depuis plus d'un mois, une crise, sans précédent, de carburant est en train de tuer toute l'activité économique de la région, en exposant une population d'un million d'habitants à tous les dangers.
De graves rumeurs circulent en ville sur les raisons de cet embargo imposé à Tlemcen depuis maintenant presque une année. Les premiers signes de cette crise sont apparus avec l'inauguration de «Tlemcen, capitale de la culture islamique». Cependant, tant bien que mal, les automobilistes arrivaient à faire le plein au bout de quelques heures d'attente mais ce n'est plus le cas, et ce, pour la simple raison, la plupart des stations sont fermées après une ouverture éclair. En fin de compte, les gens se demandent si cette crise ne cache pas quelque chose et on peut dire, sans risque de se tromper, que l'élection législative est le dernier des soucis des Tlemcéniens. Le taux d'abstention sera une réponse cinglante aux responsables qui ignorent ce que les citoyens endurent dans «la ville du président». Contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, la wilaya de Tlemcen n'a jamais eu des responsables qui ont fait leurs preuves pour pouvoir gérer des situations de crise. Essayez, par exemple, de demander à des responsables les raisons de cette pénurie, et c'est la fuite en avant. Le plus grave est l'omniprésence des hallabas à Tlemcen qui arrivent à avoir leur quota en temps de crise. Il est vrai que cette pénurie touche l'ensemble des villes de l'Ouest qui gèrent plus ou moins bien cette situation. Il y a à peine quelques années, ces trafiquants n'osaient pas dépasser les frontières de la daïra de Maghnia, ils se faisaient discrets et personne ne faisait attention à eux. Les choses ont évolué depuis, ces flibustiers du carburant sont partout et ne craignent personne, au niveau des stations, ils font la loi et si jamais l'un des leurs est en difficulté, ils deviennent menaçants. Ils ont réussi à développer ce créneau juteux et c'est toute une flotte de camions et de véhicules légers au réservoir modifié qui fait la navette tous les jours entre les villes de l'Ouest (Tlemcen- Témouchent-Bel Abbès) et la bande frontalière. Même la capitale de l'Ouest n'a pas échappé à ce trafic qui, selon les derniers chiffres, coûte plus d'un milliard de dollars à l'Algérie. Ce chiffre ne reflète pas la réalité, car les pertes économiques sont plus importantes, et il suffit de faire un simple décompte des véhicules qui prennent chaque jour la direction de Maghnia pour avoir une idée précise sur ce crime économique : plus des 70% de carburant livré par Naftal est entreposé à Béni- Drar, jadis un petit hameau, devenu ces dernières années le «Hassi Messaoud» du Maroc oriental. Tous les automobilistes qui prennent la direction du Rif (Nador-Tétouan-Tanger) s'approvisionnent dans ce pueblo. Lors de la dernière pénurie qui a duré un mois, certaines informations données par la presse étaient totalement fausses. Dans la wilaya de Tlemcen qui reste la plus touchée, il n'y a jamais eu de rationnement de carburant et le wali de Tlemcen n'a, à notre connaissance, jamais donné instruction pour une telle mesure qui est tout de même nécessaire en cas de grave pénurie, la responsabilité incombe à Naftal qui est chargée de la commercialisation de ce produit. Certains responsables des stations-services se frottent les mains à chaque fois que la pénurie s'installe. Il y a, en effet, de gros profits à faire, le litre d'essence est revendu à 80 DA à Maghnia. Quant aux saisies effectuées par les services de sécurité, elles sont insignifiantes par rapport à celles effectuées aux frontières est du pays. En observant ce spectacle désolant, on se demande s'il y a réellement un semblant de présence de l'Etat, les citoyens restent impuissants devant cette hogra, ce qui a fait réagir un vieux fellah qui se demande si «Tlemcen se trouve réellement en Algérie, des tonnes de kif rentrent au pays et des milliers de litres de carburant sortent chaque jour du pays». Dans aucun pays au monde, on n'aurait toléré autant de gabegie, Tlemcen est devenue par la force des choses une zone franche non déclarée. Cette crise a eu de graves conséquences à tous les niveaux. La moitié du parc auto dans le chef-lieu de la wilaya est immobilisée. Avec des files de voitures qui dépassent le kilomètre, il vaut mieux laisser sa voiture au garage. Chez les concessionnaires automobiles, on ne se bouscule pas au portillon, car la voiture est devenue un casse-tête. Un médecin obligé de se déplacer nous dit qu'il se rend chaque week-end à Oran pour faire le plein. Même les pays qui vivent des conflits armés ne connaissent pas cette situation. Naftal et les hallabas ont donné la dernière estocade à une ville où il ne fait plus bon vivre. Selon des informations qu'on a pu recueillir, Naftal ne livre que 7 000 litres par jour au lieu des 27 000 litres livrés, le quota normal réservé à la wilaya de Tlemcen.
M. Zenasni
Sonatrach achète onze cargaisons de gasoil
Sonatrach procède actuellement à l'achat de onze cargaisons de gasoil en vue de couvrir les besoins nationaux durant les mois d'avril et mai. Cette opération permettra à Sonatrach de faire face à la demande suite à la fermeture de raffineries, en particulier celle de Skikda qui interviendra au début du mois de mai. Cette fermeture durera jusqu'à la fin 2012.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Le Soir d'Algérie
Source : www.lesoirdalgerie.com