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La guerre du kif encore et toujours !Edito : les autres articles



La guerre du kif encore et toujours !Edito : les autres articles
Des saisies de centaines de tonnes de haschich, dans pratiquement toutes les wilayas du pays, sont rapportées quotidiennement par la presse depuis le début de l'année. Aucune région n'est «épargnée». Les trafiquants et autres passeurs ne reculent devant aucun stratagème pour acheminer leurs criminelles cargaisons à destination. Hier encore, des baudets chargés de quintaux de kif ont été interceptés, non loin de la frontière qu'ils avaient apparemment traversée sans accompagnement, non loin de la région de Tlemcen ! Toutes ces prises révèlent l'ampleur de cette guerre du narcotrafic dont sont victimes en premier lieu l'Algérie et sa jeunesse.Les commanditaires de cette entreprise criminelle, le Maroc et son palais royal, persistent dans une attitude inamicale et contraire au principe de bon voisinage. Pire que l'escalade verbale de Mohammed VI contre l'Algérie ou même les multiples provocations dont ont été la cible les représentations consulaire algériennes ou encore les atteintes à l'emblème national, ce narcotrafic transnational, organisé à partir du Maroc, vise pas moins que la déstabilisation du pays et la destruction d'une de ses potentialités : les jeunes des villes et des campagnes. C'est dire que le danger est bel bien là, à notre frontière ouest. D'ailleurs, les chiffres révélés dernièrement par l'Office des Nations unies pour la drogue et le crime donnent froid dans le dos. Le royaume marocain est classé premier producteur et exportateur de résine de cannabis dans le monde et constitue, de ce fait, une menace pour son voisinage et pour les pays «vulnérables». Plus de 70% de la drogue saisie à travers le monde est d'origine marocaine, bien avant l'opium de l'Afghanistan.
Pour ce qui est de notre pays, les statistiques publiées par l'Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie font ressortir une hausse des quantités saisies de plus de 9% par rapport l'année dernière. Ce qui sous-entend, bien sûr, une hausse de la consommation interne. Là aussi, les enquêtes, quand elles existent, font état d'une augmentation de ce fléau dans les quartiers populaires, les banlieues et à la périphérie des villes. Les écoles ne sont pas épargnées et les consommateurs de drogue sont de plus en plus jeunes' Résultat : la délinquance est en nette augmentation dans les villes et les campagnes, qui se retrouvent parfois sous la coupe de gangs et de maffias qui font régner le désordre et la violence. L'urbanisation anarchique, associée à une démission des autorités chargées de la sécurité et de l'amélioration du cadre de vie, a contribué à faire de ces nouveaux espaces, souvent surpeuplés, des zones de non-droit.
Du coup, il n'est pas exagéré de dire que la stabilité et la sécurité intérieures sont menacées et qu'au niveau officiel, on semble en sous-estimer l'ampleur. La riposte ou l'action pour faire face à ce danger ne sauraient se limiter à une dimension répressive exclusivement. Face à cette guerre du narcotrafic transnational, l'Etat doit être en mesure de protéger la jeunesse algérienne par des mesures hardies dans tous les domaines. N'oublions pas qu'au XIXe siècle, quand les Britanniques ont voulu forcer l'empire chinois à s'ouvrir et à l'affaiblir, ils ont commencé par mener une «guerre de l'opium» en déversant des cargaisons de drogues dans un pays qui a fini par compter des millions d'opiomanes. Face à une telle destruction à grande échelle, la Chine a fini par céder et abandonna, entre autres, Hongkong aux Anglais.
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