
Il est né à Tlemcen, a les yeux bleus, la tête d'un enfant vieux, le visage blanc, possède 71 ans, le crâne chauve et les cheveux de côté tout blancs, de même qu'il a la colonne vertébrale un peu molle, ce qui le classe, selon ses adversaires, dans le règne des invertébrés plutôt que dans celui des hommes politiques. Car discret comme un majordome, Mourad Medelci n'a jamais réellement brillé tout au long de sa carrière qu'il a commencée il y a très longtemps en tant que directeur de la SNTA, la société nationale des tabacs, à l'époque où tout le monde fumait.Lui-même non fumeur, il n'hésite pas à avouer comme durant le procès Khalifa en tant que ministre des Finances de l'époque «avoir manqué d'intelligence». Ce qui lui a certainement permis après avoir occupé 6 fois le poste de ministre sans avoir marqué les secteurs qu'il a dirigés, de devenir aujourd'hui président du Conseil constitutionnel. Tout juste 3 ans après avoir expliqué en 2011 dans une radio française, à propos de la présidence à vie de Bouteflika, que «c'est plutôt une blague pour moi Algérien, pas pour moi ministre». Medelci, qui était à l'époque ministre des Affaires étrangères, est devenu celui qui a validé la candidature assise de Bouteflika, et la blague est devenue réalité, au point qu'elle ne fait plus rire personne. Tout comme pour le dernier arrivé sur les lieux du crime, Ouyahia et son retour dans le grand sérail, réuni sous les feux de l'amour aux côtés de Belkhadem, Sellal et Saadani. L'ex-plusieurs fois ministre aussi a également tenu à remercier les forces surnaturelles : «C'est un sacrifice de sa part», a-t-il annoncé pour expliquer la candidature de Bouteflika. On pourrait lui répondre que c'est peut-être le pays qui est en train d'être sacrifié sur l'autel du pouvoir, mais ce serait interprété comme une blague. Et les dirigeants n'aiment pas les blagues. Sauf quand ce sont eux qui les font.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Chawki Amari
Source : www.elwatan.com