
Compositeur et interprète, Salah Hassan Boukli fait partie de la génération qui a assumé le trait d'union entre l'équipe de cheikh Larbi Bensari et celle qui dirige les associations musicales andalouses dans les années 90. Né à Tlemcen, cet élève de Mohamed Bouali est enseignant de musique et président de l'association musicale Kortobia (1993). Artisan maître luthier, musicien et compositeur, il assure, en 1993, la direction de la maison de la culture de Tlemcen. Il a donné une conférence autour d'une étude comparative entre l'école de Tlemcen et celle d'Alger, dans le cadre du 7e festival national de la musique andalouse sanaâ, qui se poursuit jusqu'à ce 10 décembre. Pour lui, il n'y a pas de grande différence entre les deux écoles mais seulement dans le style d'exécution et l'interprétation. Il souhaite, en dernier, la création d'un laboratoire d'étude sur les modes et les rythmes. M. Boukli poursuit : « Contrairement aux précédentes années, il existe un grand nombre d'associations qui, effectivement, font un excellent travail pour la sauvegarde de cette musique. Mais il est temps maintenant de passer à un autre stade d'enseignement qui doit se faire dans un cadre académique. Il est impératif de mettre en place une nouvelle structure d'apprentissage de la musique andalouse, dont la transmission revêt, au sein des associations, un caractère oral, celui de maître à élève ». Petit-fils d'enseignant et de père instituteur, Salah Hassan Boukli est né en 1946 à Tlemcen, plus exactement à Derb Essenne, situé à proximité de la rue de Paris. Comme tous les enfants de son époque, il fréquente très tôt l'école coranique « Sidi Abi Abdillah Echerif Ettilimçani ». Au début des années cinquante, il effectue sa scolarisation d'abord à l'école Décieux. Puis au lycée Benzerdjeb. Entre 1967 et 1968, il entra à l'Ecole normale de Tlemcen et il devint lui aussi instituteur. Sa passion pour l'art l'incita à se convertir en professeur de musique, un métier qu'il exerça entre 1971 et 1988 au CEM El-Maqarri Tlemcen. En 1988, il a pu obtenir un détachement au service de la culture, de l'artisanat et des arts populaires de la Wilaya de Tlemcen. En 1993, il est nommé à la tête de la maison de la culture de Tlemcen qu'il dirige jusqu'en 2000. Depuis 2008, il est à la retraite. Il assure une formation continue dans la discipline musicale depuis une cinquantaine d'années. Il a réalisé une compilation manuscrite de tout le répertoire poétique chanté à Tlemcen. Il s'agit des textes de musique andalouse, haouzi, m'gharbi, aroubi et arbi, haoufi, kadriat, dlidlat. Il a effectué un enregistrement sonore (luth + voix) de toutes les pièces musicales (travail en cours de réalisation). Au fur et à mesure, il fait la transcription en notation universelle des pièces enregistrées. Salah Boukli-Hacene a réalisé une cinquantaine de compositions musicales parmi lesquelles on peut citer : Noubat El Ouchak (1987), Noubat El Mezmoum « Djedd » (1988), Mouwechahat Charkia (1989/1996), Abouab Tilimçan (15 portes de Tlemcen exprimées en mélodies (1997/1999), l'opérette « Ouehdet El Djazaïr » (1997), enregistrée par l'ENTV.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : S S
Source : www.horizons-dz.com