Hier, les journées d'étude se sont ouvertes sur le rôle du musée pour la sauvegarde de la mémoire, organisées par le musée
de la ville d'El Meniaâ dans la wilaya de Ghardaïa.
El Meniaâ (Ghardaïa).
De notre envoyé spécial
Cette manifestation, la troisième du genre, organisée sous le haut patronage du ministère de la Culture, prendra fin aujourd'hui. Plusieurs chercheurs, archéologues, historiens, universitaires, venus de plusieurs universités du pays, dont Tizi Ouzou, Alger, Constantine, Naâma, Laghouat, ont débattu des thématiques liées au rôle du musée et d'autres sujets relatifs à la préservation de la mémoire. Le premier thème de ces journées a été consacré à l'habitat traditionnel.
Le professeur Kaci Mebarki, de l'université de Blida, a fait le tour dans sa présentation de ce sujet qui, faut-il le souligner, a suscité un riche débat parmi les présents, en basant son intervention sur les causes ayant engendré la disparition de ce patrimoine. Selon lui, «l'occupation coloniale, notamment française, a saccagé voire détruit tous les vestiges propres à la population autochtone». Il a indiqué que «l'armée coloniale a procédé à l'occupation des centres-villes en repérant les centres névralgiques. Le génie militaire colonial avait pour mission d'ériger des bâtisses propres à l'architecture européenne avant que cette procédure ne s'élargisse à d'autres espaces pour ensuite les engloutir».
Et pour étayer ses propos, M. Mebarki s'est basé dans sa conférence en donnant l'exemple des médinas d'Alger et de Tlemcen : «A Tlemcen, le colonisateur avait occupé la place de la grande mosquée, la ville européenne s'est faite en opposition du tissu urbain traditionnel. C'est une recomposition urbaine pour faire valoir la culture occidentale, tout le tissu traditionnel propre à cette ville, a été substitué.» En Kabylie, l'administration coloniale avait procédé, enchaîne le professeur, «à ceinturer les villages, puis les rattacher à des centres urbains et routes nationales. C'était le début de la destruction».
S'agissant du patrimoine architectural propre au Sud algérien, le conférencier motive que la ville se faisait différemment. «La destruction se faisait d'une manière subtile, et ce, à partir de l'extérieur des villes, à l'instar de Ouargla, In Salah...» Lors du débat, les intervenants ont déploré la situation actuelle de ce patrimoine laissé à l'abandon. Notons, par ailleurs, que d'autres thèmes seront débattus lors des prochaines journées ayant toujours trait à la préservation du patrimoine culturel.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amar Fedjkhi
Source : www.elwatan.com