Tlemcen - A la une

L'année de la ruse Edito : les autres articles



L'année de la ruse                                    Edito : les autres articles
Alors que le vent de révolte commence juste à souffler dans le Monde arabe, en Algérie, deux folles journées, les 4 et 5 janvier 2011, virent des milliers de jeunes Algériens descendre dans les rues pour s'attaquer à nombre d'édifices publics et privés, entremêlant slogans contre le chômage, la cherté de la vie et la malvie sociale. Redoutant un remake du 5 Octobre 1988 et flairant le danger d'une contagion par le vent de la contestation venue du Proche-Orient ' et de Tunisie ensuite ', le régime algérien élabora une stratégie de riposte : le Président devait ôter son habit de gardien du temple pour revêtir un costume de réformateur. Ce fut le discours théâtral de Tlemcen, porté aux nues par sa clientèle politique et par la machine médiatique gouvernementale. On chanta le temps du «renouveau politique algérien».
Six mois de répit furent gagnés avec la commission Bensalah qui, par un semblant d'ouverture au personnel politique, devait entretenir l'illusion d'un débat démocratique sur l'avenir du pays. La société fut calmée par le gel des prix des biens alimentaires de base et par des augmentations de salaires aux catégories professionnelles les plus contestatrices. Les dinars coulèrent à flots au point de paralyser le fonctionnement de la poste. Et puis, vinrent les trois mois bénis de l'été et le Ramadhan où le pays sombra dans la torpeur. Occupés d'abord à chercher un bouc émissaire (la société Cevital) dans la hausse des denrées alimentaires, les parlementaires furent ensuite conviés, dès la mi-automne, à adopter la batterie de textes (scrutin électoral, partis politiques, information, associations) censée réformer en profondeur le pays. Et c'est là où le régime se dénuda totalement.
Pâles copies des anciennes, les nouvelles lois n'introduisent que des petits changements de forme. Pire, certains textes ' information et associations notamment ' furent en net recul par rapport aux anciennes lois adoptées pourtant bien avant. Les députés s'acharnèrent contre tout ce qui sentait une odeur de changement. Exécutif-Parlement-Alliance présidentielle : ils furent tous unis, main dans la main, l'objectif étant de baliser le terrain pour les législatives du mois de mai 2012. Il ne faut pas lâcher la proie pour l'ombre. Oubliées les émeutes des jeunes de janvier 2010, méprisées les incessantes marches du Mouvement citoyen et balayés les nuages venus de l'est chargés de cris des peuples arabes. Ignorées les chutes de Ben Ali, de Moubarak, d'El Gueddafi et les trébuchements de Bachar Al Assad et de Ali Abdallah Saleh.
Pour rester encore aux commandes du pays, alors qu'a sonné l'heure de leur départ, Bouteflika et ses alliés n'ont pas hésité à user de toutes les ruses. Mais nourrie par l'histoire en accélération et en marche de 2011, l'année 2012 risque d'être une année-surprise. A espérer qu'elle ne soit pas celle du malheur et que le pays échappe au syndrome syrien.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)