
On ne peut pas faire croire à M. Tebboune, le ministre de l'habitat, qu'il ne sait pas que c'est l'Etat qui distribue les logements LSP. C'est même l'une des formules envisagées pour endiguer la crise du logement qui, avec le chômage, constitue l'une des plaies les plus douloureuses du pays en matière sociale.Quand il a déclaré donc à partir de Tlemcen où il accompagnait le premier ministre dans sa visite que s'agissant du logement social participatif (LSP), « l'Etat n'intervient que dans le cadre de l'aide accordée par la caisse nationale du logement », on aura vite rectifié le malentendu : il parlait de réalisation et non de «distribution».Jusqu'à preuve du contraire, ce sont les APC, puis les daïras, qui ont la charge de l'attribution de ces logements. Le problème est que pour le LSP, l'Etat n'a pas la main tout à fait libre sur la gestion des projets, ce qui laisse une certaine marge de manœuvre aux promoteurs, y compris dans leur aboutissement.Et ça a donné ce que ça a donné. Des retards considérables dans la réalisation, des manipulations dans les listes de bénéficiaires et des chantiers abandonnés.Parce que les constructeurs souvent sans moyens logistiques et sans savoir-faire ont dû laisser la clé sous le paillasson parce qu'ils se sont rendu compte que la manne financière engrangée par? l'avance de la CNL ne pouvait pas suffire à la réalisation des projets dont ils ont le marché dans des conditions pas toujours très nettes. A la décharge de M. Tebboune, il ne semble pas être très enthousiasmé par la formule.Sinon, il n'aurait peut-être pas été chercher, pour exemple, ce promoteur d'Aïn Témouchent «qui a pris la fuite après avoir encaissé tout l'argent des logements».On connaît la formule fétiche de M. Tebboune : l'AADL. Et en termes de résultats, il n'est pas bien difficile de comprendre qu'elle a été jusque-là la plus efficace.Pour le nombre d'Algériens qui ont pu régler leur problème dans des délais raisonnables, pour la qualité des logements, pour leur coût et pour le mode de paiement, M. Tebboune a certainement raison d'en faire une solution majeure.Il s'est même trouvé des mauvaises langues pour suggérer que c'est en raison de son efficacité qu'elle a été? supprimée !Avant qu'on ne se rende compte qu'il faut absolument la réactiver en rappelant M. Tebboune, son concepteur, qui a vu du coup la fin de sa traversée du désert.Ce n'est pas pour autant que l'AADL suffira à donner un logement à tous les Algériens qui en ont besoin. Le retard est d'une telle ampleur qu'il faudra un véritable plan Marshall pour ce faire.Et M. Tebboune doit le savoir même si dans la foulée de sa déclaration à Tlemcen, il a aussi dit que «la solution réside dans la formule AADL car c'est l'Etat qui fait les études, réalise et affecte les logements» et «considère que c'est la meilleure formule, dans laquelle nous avons mis tous les moyens».Ce n'est pas parce qu'une formule est efficace qu'elle réglera tous les problèmes. Sinon ça se saurait. Et si le fait que «la politique du pays soit basée sur le social» était un gage de réussite, ça se saurait aussi, depuis si longtemps que l'Etat distribue des logements sociaux.Slimane Laouari
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Le Temps d'Algérie
Source : www.letempsdz.com