
Architecte de profession, elle intègre l'association musicale Awtar Tilimcen à l'âge de 10 ans où elle s'initie à la mandoline et perfectionne ses performances vocales. Elle apprend alors la nouba, le hawzi, laaroubi, le madih et les différents modes et istikhbarate. Meryem Benallal entre vraiment dans le monde de la musique en 1998 et anime plusieurs concerts en Algérie et à l'étranger, notamment au Maroc. «Mon but est de promouvoir la musique andalouse et de préserver ce patrimoine», dit-elle.Le 6 avril, vous organiserez un concert caritatif au profit des enfants autistes, une frange de la société qui souffre dans le silence. Pouvez-vous nous en dire un peu plus 'Je suis marraine et membre de l'Association autisme Tlemcen (AAT) depuis 2013. C'est un centre créé par la seule volonté de parents d'enfants autistes qui accueille les enfants malades et leur assure un suivi quotidien par des psychologues et toute une équipe d'éducatrices spécialisées et formées en autisme. Il assure aussi des formations aux parents afin de leur permettre de gérer le quotidien et les émotions de leurs enfants. L'AAT fonctionne essentiellement par des dons.Le 6 avril à 19h, au palais de la culture Abdelkrim Dali, je donnerai un récital avec l'artiste Hamidou qui nous a fait l'honneur d'accepter notre invitation et de chanter bénévolement pour ces petits anges. Nous serons accompagnés par un grand orchestre composé de musiciens talentueux et bénévoles de Tlemcen sous la direction artistique du chef d'orchestre Kara Djawad. J'invite tout le monde à assister à cet unique rendez-vous culturel, une soirée qui allie plaisir et générosité et je vous encourage tous à venir soutenir l'association Autisme Tlemcen par des dons et nous aider à continuer à mener notre combat face à l'autisme.Vous êtes une interprète qui peut passer d'un genre à un autre aisément. Mais n'êtes-vous pas sous-médiatisée par rapport à votre talent, vos engagements ' Ressentez-vous une sorte d'injustice de la part des organisateurs, des médias 'Il n'y avait que la télé et la radio à être très difficiles d'accès. Il fallait attendre d'être invitée pour faire un passage artistique, et c'était très rare ! A noter, aussi, que le style musical andalou n'était pas à son top à cette période-là. Moi et d'autres artistes de ma génération avions résisté en continuant à chanter l'andalou et contribuer à le promouvoir.Aujourd'hui, les réseaux sociaux font la majorité du travail, les gens sont mieux informés et l'artiste est en contact permanent avec son public. Oui, à un moment donné, j'ai senti une injustice, une sous médiatisation par rapport à mon talent et mes engagements. Mais, cela est dû peut-être au fait que je suis loin de la concentration médiatique à Alger.Ce n'est pas toutes les émissions télé et radio qui peuvent prendre tout un orchestre en charge. En plus, je me suis absentée un petit moment de la scène pour des raisons de maternité. Cependant, le problème majeur est celui des maisons d'édition qui ne font pas l'effort de médiatiser et de promouvoir leurs produits.C'est pour cette raison qu'on a décidé, mon mari et moi, de prendre en charge ce problème en ayant notre propre maison de disques et en assurant la promotion du produit de la manière la plus appropriée qui soit. Comme le dit le proverbe «on n'est jamais mieux servi que par soi-même». Quant à ma polyvalence, cela reste un signe de performance, de connaissance et de maîtrise de l'art de la scène, et le meilleur moyen de toucher un plus grand nombre de public.Des projets 'Je suis en phase finale d'enregistrement de mon prochain album qui sortira à la fin du printemps si tout se passe bien. Je réserve une belle surprise aux amateurs de musique andalouse et surtout aux mélomanes. D'autres albums suivront avec une poésie et une mélodie inédites.Oui, je me suis découvert un autre talent : écrire mes propres chansons, traduire d'une manière fidèle mes émotions et les messages que je voudrais faire passer à mon public. On essayera, mon mari et moi, d'allier conservation et composition, mais dans les règles de l'art de la musique andalouse, car on ne peut se permettre de trop s'égarer des principes auxquels obéit cette musique qui, il faut le dire, a survécu des siècles, qui vivra toujours et qui a toute l'étoffe d'une musique classique internationale.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Chahredine Berriah
Source : www.elwatan.com