Tlemcen - A la une

«J'ai bravé les tabous de la société tlemcénienne !»



«J'ai bravé les tabous de la société tlemcénienne !»
Pendant la décennie noire, elle s'occupait, à titre gracieux, des enfants ayant subi un traumatisme aux fins fonds de sa wilaya, Tlemcen.En 2012, pour les élections législatives, elle a élaboré une liste indépendante à majorité féminine. «Pendant que je sillonnais les villes et villages pour la collecte des signatures, les hommes faisaient des paris dans les cafés en disant que je n'en aurai pas 100. Mais, au final, le résultat a démenti tout le monde. Je suis peut-être la première femme à avoir réussi ce défi», rappelle-t-elle.Le public assiste à une représentation théâtrale afin de se distraire.Parlant de Tlemcen, sa ville, elle dit sans avoir peur des mots : «La société tlemcénienne est conservatrice, comme toute société ayant un passé riche, historique, millénaire. Elle a un vernis de modernisme avec une farouche détermination de conserver les bonnes vieilles traditions. Oui, les Tlemcéniens sont conservateurs et fiers de leurs racines.» C'est une femme qui n'a pas sa langue dans la poche. Ses principes n'ont pas changé d'un iota. Mme Khira Taleb maîtrise son sujet et en fait un combat.«Depuis la marche mondiale des femmes en octobre 2000, j'ai fait de la promotion des droits de la femme et de la notion «genre» mon combat», dit-elle. Mais, elle est loin de se leurrer : «Promouvoir les droits des femmes est un combat permanent et cela même si notre société a connu des mutations profondes avec une pléthore de lois. En réalité, les lois sont souvent en décalage avec les pratiques sociales bien ancrées dans les coutumes».Pour la psychologue : «Les droits des femmes ont progressé en Algérie quand les forces du progrès étaient plus influentes et détenaient l'initiative dans la mobilisation des masses. Les femmes se heurtent à l'obscurantisme, aux préjugés profondément ancrés chez une majorité d'hommes n'acceptant pas que leur femme travaille ou qu'elle puisse avoir seulement des idées et un idéal de vie». Constat amer de celle qui connaît mieux la condition de la femme dans notre pays. Une femme qui s'accroche tout de même à l'espoir. «Cependant, en dépit de leurs tentatives de confiner les femmes au foyer, les forces conservatrices n'ont pas réussi à enrayer complètement le travail des femmes.Les pressions réactionnaires, voire intégristes, n'ont pas empêché les femmes d'être de plus en plus nombreuses dans la vie active, sur les bancs des universités ou dans les décisions de la cité (domaine réservé aux hommes). Les femmes algériennes sont conscientes que le chemin pour l'égalité de leurs droits les plus élémentaires est encore long et rempli d'embûches».N'y allant pas avec le dos de la cuillère, elle dénonce : «Les femmes qui travaillent dans le secteur privé sont exploitées de façon éhontée, elles subissent des vexations et brimades de toutes sortes, notamment le harcèlement psychologique et sexuel, cela dans le contexte de la domination des courants réactionnaires de la société et du spectre d'un chômage propice à tous les chantages odieux», et de souhaiter: «Nous fêterons le 8 mars, je dirais comme l'ont dit d'autres avant moi, on se doit de respecter la femme (mère, s?ur, fille) durant toute l'année 365 jours sur 365 et non pendant une demi-journée seulement». Un clin d'?il aux hommes qui offrent fleurs et cadeaux aux femmes qui travaillent, pensent-ils à souhaiter une bonne fête à leur propres femmes '


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