
Vous signez aujourd’hui vos derniers ouvrages à savoir, «Et l’ombre assassine la lumière», «Tahar Djaout, premiers pas journalistiques». Comment, selon vous, peut-on passer de la littérature à la fiction ' Est-ce pour vous une confirmation de votre personnalité d’auteur dans la littérature nationale ' Je dois admettre que c’est une excellente question. Concernant le livre « Tahar Djaout, premiers pas journalistiques », je n’ai pas fais grand-chose. Ma mission s’est résumée à collecter des informations pour la sauvegarde de la mémoire et la postérité. J’ai mis en exergue le premier texte que Tahar Djaout a écrit, quand il avait la vingtaine au niveau de la rubrique culturelle du quotidien El Moudjahid. Je voulais montrer à ceux qui s’intéressent à l’œuvre de Tahar Djaout qu’il était déjà talentueux à ses débuts. Il était un touche à tout, il avait une culture générale élargie et riche. Malgré une licence en mathématiques, ce n’était pas les chiffres et les équations qui l’intéressaient mais plutôt la culture. J’ai illustré cet exemple par un article où il décrit fabuleusement un phare. Un texte exquis et extraordinaire. Il a fait de ce phare un être divin. Pour moi, la fiction reste toujours de la littérature même si ce sont deux styles d’écrits différents. En clair, passer de la littérature à la fiction se fait pour moi de manière très naturelle. La narration semble être le point fort dans vos écrits… Je suis un Faraounien convaincu. Je pense qu’il faut d’abord, à mon sens faire dans la narration classique, faire dans l’écriture sage pour porter un message, une préoccupation. Par la suite, si l’on veut faire dans le roman moderne comme Kateb Yacine, Mohamed Dib, ça reste un moment privilégié d’une folie d’écriture. C’est-à-dire, ce genre d’écriture est consacré pour une certaine couche de lecteurs. Votre ouvrage «Et l’ombre assassine la lumière», s’inscrit-il dans le même esprit que votre roman « Je brûlerai la mer » ' Effectivement, cet ouvrage est une suite logique au roman « Je brûlerai la mer ». J’ai interrogé les quinquagénaires algériens à Alger, une ville faite de rêves, évasions, dégoûts, saletés, nausées, espérances, amours, amitiés…Etc. J’ai tenté dans «Je brûlerai la mer» de faire parler l’algérien moyen. Certains disent que ce roman se rapproche assez de la réalité. C’est comme si on lisait un journal. Que répondez-vous à cela ' Pour moi c’est une flatterie, un compliment. Je voulais vraiment coller les faits relatés à la réalité et surtout montrer la réalité telle qu’elle est, telle que je l’ai vécue, telle que je l’ai perçue. Tlemcen abrite la manifestation «Tlemcen, capitale de la culture islamique 2011 ». Le HCA (Haut commissariat à l’amazighité) dont vous êtes le secrétaire général, prend-il part à ce rendez-vous ' Si oui, quel est le programme que vous avez préparé ' Nous n’avons pas tracé un programme particulier pour cet événement pour la seule raison qu’on n’a pas été invité à prendre part à cette manifestation. On aurait pu organiser de belles rencontres en l’occurrence donner une suite au colloque sur « l’Islam et l’Amazighité 15 siècles d’histoire » tenue il y a 4 ans à la bibliothèque nationale, un colloque sur la traduction du Coran, un autre colloque sur la toponymie de la ville de Tlemcen. Je me pose la question à cette occasion, à quand Tizi-Ouzou, capitale de la culture amazighe ' N’avez-vous pas l’impression qu’au bout de ces dernières années les auteurs tournent un peu en rond et que les mêmes histoires arrivent successivement aux différents personnages 'A quelque chose malheur est bon, je pense qu’il y a depuis ces dernières années - je fais allusion à la période difficile vécue par notre pays - naissance de vocations, dans ce sens qu’on fait parler les gens. Il convient de saluer et de dire qu’il existe aujourd’hui une kyrielle de romans qui font l’honneur de l’Algérie. Des auteurs comme Djamel Mati, Amine Zaoui, Fayçal Ouareth, Fathema Bakhaï. Nous sommes en février, et l’Almanach de Kabylie (3e édition) n’est toujours pas sorti 'A vrai dire, j’ai remis «L’Almanach de Kabylie» à mon éditeur «Alpha». Sa publication est prévue pour cette année. Lorsqu’on écrit un ouvrage avec tant de talent, la continuité s’impose pour d’autres écritures. Préparez-vous dans ce sens un autre ouvrage ' Je suis entrain d’écrire un roman qui traite le déroulement des élections en Algérie. Je compte rééditer « Oran échelle 31 » avec une illustration de mon ami Denis Martinez. Il paraîtra à l’occasion du prochain Sila. Je suis entrain de fignoler un recueil de poésie « Moi, Oran ».
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Entretien réalisé par Samira Sidhoum.
Source : www.horizons.com