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« Il n'y a jamais eu d'élections pour le bureau politique du FLN », assure Me Ali Haroun Conférence autour de la crise de l'été 62



« Il n'y a jamais eu d'élections pour le bureau politique du FLN », assure Me Ali Haroun                                    Conférence autour de la crise de l'été 62
« La dernière session du CNRA de juin 1962, en Libye, n'a pas été beaucoup évoquée par nos historiens et reste méconnue des jeunes », a affirmé, hier, au Palais de la culture, Maître Ali Haroun, lors d'une rencontre organisée, à l'initiative de la fondation Slimane-Amirat. « Pourtant, estime l'auteur de « L'été de la discorde », c'est un événement de la plus haute importance, car il marque, d'une part, la fin de la guerre d'Algérie et d'autre part, il ouvre la voie à l'Algérie indépendante ». « Mais comme ce congrès couvre certaines zones sombres, on préfère l'occulter plutôt que de l'évoquer. Ce qui est une erreur, car nos révolutionnaires sont d'abord, des hommes, dotés de qualités exceptionnelles certes, mais qui n'étaient pas à l'abri des erreurs », dit-il. Ce congrès auquel Ali Haroun a pris part, a vu l'émergence des premiers textes de l'Algérie post-indépendante. Ils ont été votés à l'unanimité. Toutefois, il verra également la naissance d'une crise qui opposera deux groupes commandés par de hautes personnalités politiques. « Lors de ce congrès, il était prévu d'élire le groupe qui devait diriger le bureau politique du FLN. Une commission a été décidée, sous la direction de Mohamed Benyahia, pour écouter l'avis des uns et des autres, afin d'élire les personnes adéquates. Toutefois, cette commission avait déclaré qu'elle avait échoué dans sa mission en proposant la désignation d'une autre commission, sans ouverture de débat », rappelle Ali Haroun. En fait, explique-t-il, en suggérant de ne pas ouvrir les débats, Benyahia voulait éviter une crise au sein du congrès. « Chose qui a eu quand même lieu et a conduit à la suspension de la séance, sur décision de Benkhedda, président du congrès », explique le conférencier. « Il était prévu que la réunion reprenne par la suite. Mais il n'y a pas eu reprise et par conséquent, les élections pour la désignation du bureau politique n'ont jamais eu lieu. D'ailleurs, le PV du congrès établi le 7 juillet le confirme », assure-t-il. « Néanmoins, souligne-t-il, il y a eu un deuxième PV, le 22 juillet qui fait état d'élections. Ce qui est faux. J'étais présent et il n'y a jamais eu d'élections. Mais c'est en se référant à ce deuxième PV que Ben Bela a annoncé à Tlemcen la constitution du bureau politique », précise-t-il. C'est ainsi, déplore-t-il, que la crise au sein du congrès s'est amplifiée entre deux groupes causant la mort de 1 000 personnes. Fort heureusement, l'un des groupes s'est retiré à temps pour éviter au pays une guerre civile. « Ce groupe a fait preuve de beaucoup de sagesse et il est regrettable que les vainqueurs aient écarté les vaincus. C'est cela, d'ailleurs, qui a écourté la durée de vie de la première assemblée constituante », conclura l'ancien membre du comité fédéral de la fédération de France. « Cependant, ce qu'il faut retenir aujourd'hui, estime-t-il, c'est que les deux groupes avaient des positions politiques défendables ». « Mais si l'assemblée constituante ne s'était pas dirigée vers une seule direction, l'Algérie serait autre de ce qu'elle est aujourd'hui. Si la guerre d'Algérie fut un succès, c'est parce que le conseil national de la révolution prenait les décisions par consensus. Chose qui nous a manqué après l'indépendance », signale-t-il, en souhaitant que cette méthode de prise de décision soit réhabilitée pour un avenir meilleur pour notre pays.
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