Tlemcen - Poésie


Ahmed Ibn Triki est un cheikh très fécond, fort apprécié de ses compatriotes, mort au début du 18o siècle, il appartient à une très honorable famille koulouglie de Tlemcen du vieux quartier Bab El Djihad, Derb El Meliani (actuellement rue bel Abbés et ruelles environnantes), où vit encore sa descendance. Ibn Triki dit encore Ibn Zengli, dans la plupart de ses pièces, chante la nature et la beauté de sa ville natale, pleure son exil et se lamente sur son sort. Expulsé de Tlemcen par les autorités turques de cette ville, à la demande de quelques pères de familles koulouglies dont il décrivait et chantait les filles et les femmes, il alla résider à Oudjda où il composa ses meilleures « qasida ». Sa séparation et l'éloignement du pays et des amis furent pour lui de dures épreuves et de souffrances insupportables et pour son génie poétique une source intarissable d'inspirations.

Sujet à la nostalgie, il dit dans une de ses belles qasida: « Je désire vivement encore revoir la ville (Tlemcen), embrasser mes parents et mes amis, me promener dans le quartier Bab El Djiad, et rendre visite à l'objet de mon amour, une charmante petite fleur (jeune fille).

Dieu qui m'inspire, fais en sorte que mon espoir ne soit point déçu ;

Je t'en supplie par le meilleur des hommes (Mohammed) et par la Planche protectrice (où sont écrites toutes les actions humaines). »

Le poète satirique Ibn Amsaïb dénigrait beaucoup les chansons d'Ibn Triki et critiquait violemment l'œuvre du koulougli. Hadri, c'est-à-dire autochtone ou d'origine arabe, Ibn Amsaïb disait du descendant des Turcs, Ibn Triki : « Un excellent génie le possède, mais ce génie a mal choisi son logis » et « le miel d'Ibn Triki est extrêmement doux, malheureusement, il est conservé dans une outre goudronnée». Ce qui signifie : Ibn Triki, vu son origine, ne mérite point la faculté poétique qu'il a.

Une des belles pièces de notre poète tlemcénien, datée de 1120 h. (1708) et intitulée « Mon supplice dure encore et je subis de dures épreuves » a été traduite sous le n° 33, par S. Sonneck, dans ses Chants arabes du Maghreb, t. II, F. 1.



Abdelhamid HAMIDOU
(Ancien professeur à la Médersa de Tlemcen,

in « Revue Africaine » n° 79 –2e partie, 1936)



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