«L'APC de Tlemcen a été sommée par la justice de payer une amende d'astreinte de plus de 5 milliards de centimes pour non exécution d'une décision du conseil d'Etat rendue depuis 2006», nous apprend notre correspondant local. De quoi s'agit-il exactement '
La commune de Tlemcen initie un projet de voie urbaine qui permet de relier directement deux importants endroits de la ville. Sur le parcours en question, un citoyen a été légalement exproprié pour cause d'utilité publique. Tout est donc normal, jusque-là. Mais le bonhomme n'a jamais été indemnisé comme le prévoyait la décision administrative.
S'en est donc suivi un autre' parcours, judiciaire, celui-là, qui a abouti à une décision du conseil d'Etat en question, il y a' 7 ans, n'a jamais été exécutée. D'où l'accumulation des astreintes jusqu'à atteindre la somme de plus de cinq milliards de centimes que l'APC doit verser à l'exproprié, selon l'ultime décision de justice sur l'affaire.
Il y a plusieurs façons d'apprécier cette histoire et la première, dans l'absolu, aurait pu être celle de la satisfaction. Voilà donc une justice algérienne, qu'on disait' injuste, soumise à l'Exécutif et corrompue qui rétablit dans ses droits un citoyen lambda qui pouvait n'avoir aucune chance face à la redoutable machine administrative que peut déployer un adversaire aussi redoutable que la mairie d'une grande ville.
Et quand en plus d'être rétabli dans son droit légal, le brave Tlemcénien a obtenu réparation pour la lenteur mise à l'application d'une décision de justice, la tentation de jubiler devient encore plus grande. Pourtant, il y a une autre façon d'apprécier les choses. Elle tient directement du quotidien. Et si cette énième et ultime décision de justice, «comme d'habitude», ne sera jamais exécutée '
Parce qu'il faudra une sacrée dose d'optimisme pour espérer que l'APC de Tlemcen' abdique. La sentence du tribunal a beau être désormais sans appel, il reste toujours l'arme fatale face aux plus faibles : les faire traîner jusqu'au désespoir. Pour l'exemple, il suffit de tendre la main pour en trouver à profusion.
Tout le monde vous le dira, la justice est rarement rendue dans le respect de la loi et quand ça arrive, commence un autre combat, toujours inégal en la circonstance. Il y a ceux qui attendent l'application des décisions parce que souvent elles ont une implication directe sur leur vie, et ceux qui, convaincus d'être en position de force, défient avec arrogance l'adversaire et ignorent l'arbitre.
Ça va être difficile de trouver quelqu'un, à Tlemcen ou ailleurs, de suffisamment béat pour croire que la mairie de Tlemcen va se résoudre un jour à verser cinq milliards de centimes à un citoyen ordinaire' sous prétexte que la justice en a décidé ainsi !
Ça va être d'autant plus difficile que cela va être comptabilisé dangereusement dans le bilan de gestion de ceux qui sont aux affaires de la municipalité. Voilà qui nous ramène à l'ultime façon d'apprécier cette histoire qui aurait pu être rangée dans la case des faits anodins, si elle ne renvoyait pas à des questions de fond.
On les voit d'ici, les habitants de Tlemcen, ricaner sur ce pactole qui aurait pu être investi dans quelque chose de plus utile à la collectivité au lieu de payer l'entêtement de responsables incompétents et inconscients. Au fait, il est beaucoup question de justice, ces derniers jours, mais la petite histoire du brave Tlemcénien avec sa municipalité n'est pas de celles qui inspirent les «grands» débats. Ça aurait pu, pourtant.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Le Temps d'Algérie
Source : www.letempsdz.com