Le rêve brisé
Au moment où les autorités, qui ont en charge le sec-teur de l’éducation nationale, annoncent qu’un taux de 97% a été atteint concernant les enfants en âge d’être scolarisés, cette année, une adolescente de 15 ans vient de renoncer à ses études, faute de moyens financiers. Les parents de la fillette, qui habitent la région de Tlemcen, la mère notamment, ont pris la douloureuse décision pour ne pas avoir à tendre la main. C’est parce que la maman n’a pas été à l’école qu’elle rêvait, justement, d’une «grande» carrière pour sa fille. C’est en ce sens que l’arrêt brutal de l’aventure scolaire l’a rendue plus malheureuse encore. Dans un Etat, réellement respectueux des lois, et parce que la scolarité est obligatoire jusqu’à l’âge de 16 ans, la collectivité locale aurait pris en charge les frais de scolarité et tout ce qui aurait eu trait à l’avenir éducatif de l’enfant. Car il ne s’agit que d’une enfant. Une personne qui, légalement, n’a même pas le droit de travailler, sinon au noir. Ce que n’aurait sans doute pas apprécié le ministre de la Solidarité nationale, qui est également chargé de l’Emploi.
Si l’Etat, à travers les collectivités locales ou les établissements scolaires avaient, supposons-le, contribué à aider la malheureuse adolescente à atteindre le niveau auquel elle est parvenue, dix années durant, c’est-à-dire depuis sa première inscription, il aurait pu consentir un ultime effort, cette année encore. D’autant plus qu’en la soutenant matériellement, une année supplémentaire, personne ne pourrait jeter la pierre aux autorités publiques, parce qu’elles auraient fait leur devoir national. Jusqu’au bout. Paradoxalement, 50.000 enseignants qui n’ont pas le baccalauréat seront pris en charge pour continuer leur cursus afin d’obtenir un titre équivalent à une licence qui leur permettrait de continuer à exercer le métier de professeur dans les lycées du pays et, bien sûr, de percevoir les salaires qui sont compatibles avec leur (nouvelle) fonction. A l’appel lancé, à travers les ondes, par un correspondant de presse, certaines gens de bonne volonté ont sûrement, déjà, répondu à l’appel du cœur. C’est, cependant, l’appel du devoir qui devrait prévaloir.
Qui sait ce qu’aurait pu être notre adolescente? Sans doute aurait-elle redoublé sa classe et se retrouver exclue, tout comme elle aurait pu finir avec un anonyme diplôme universitaire, à l’instar de centaines d’autres. Elle aurait pu, cependant, devenir une célébrité médicale, une physicienne ou une écrivain de renom. Le Danemark n’a-t-il pas été champion d’Europe en 1992 après avoir été repêché à la dernière minute pour palier à l’écartement de la Yougoslavie?
Miloud Horr
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com