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Gare aux illusions... Vu à la télé : les autres articles



Gare aux illusions...                                    Vu à la télé : les autres articles
Nous sommes à quelques encablures seulement du Ramadhan, et rien n'a encore filtré sur le programme de divertissement qui meublera nos soirées du mois sacré. D'habitude, les responsables de la télévision nationale se font un point d'honneur de dévoiler, un mois à l'avance environ, le contenu de la grille spéciale qui sera dispatchée, de manière disons rationnelle et équilibrée, entre les cinq chaînes mises à contribution, chacune selon son importance et les rapports qu'elle entretient avec le public. Mais là, rien' c'est le silence radio sur la nature et la diversité des émissions appelées à transformer, un mois durant, la face du petit écran, voire à le rendre un peu plus attractif, plus alléchant. Pourquoi tant de mystère ' Aux dernières nouvelles, il semblerait que cette année, il y aurait une nouveauté de taille : le programme spécial ramadhan serait tout bonnement associé à celui qui marquera les festivités du 50e anniversaire de l'indépendance de l'Algérie.
L'un dans l'autre, on risque, dit-on, d'avoir en fait dans l'espace ramadhanesque une seule feuille de route pour les deux événements, la question qui se pose étant de savoir comment on fera pour combiner un produit télévisuel spécifique qui doit s'étirer sur trente jours et une affiche commémorative qui doit répondre, tout le long de l'année, à une autre forme de réjouissance. Autrement dit, comment couplera-t-on les feuilletons à l'eau de rose, les sitcoms, les sketches chorba et autres productions destinées à la distraction et au loisir avec un programme artistique et culturel d'une autre dimension, conçu pour fêter dans le recueillement, l'allégresse et la ferveur une date historique à laquelle le Pouvoir donne une signification particulière cette année. Une chose est cependant sûre : ce projet «deux en un» nécessite non seulement de gros efforts d'imagination, mais beaucoup d'argent pour sa concrétisation.
Et, à ce propos, madame la ministre de la culture a laissé entendre qu'en ayant son propre programme lié à la célébration du 5 Juillet aux côtés de ceux des ministères de la culture et des Moudjahidine, l'ENTV aura forcément un budget conséquent, qui sera à la hauteur des nouvelles réalisations qui seront présentées aux téléspectateurs. Le montant de cette subvention spéciale accordée par l'Etat pour permettre à la télévision nationale d'être un acteur privilégié de ces festivités n'a pas été rendu public, mais on imagine que les sommes qui seront versées pour concrétiser les projets seront colossales. Tout comme d'ailleurs celles qui seront utilisées pour financer le programme du ministère de la culture dont les grandes lignes ont été dévoilées par Khalida Toumi. Il touchera naturellement au cinéma, au théâtre, à l'édition, à la musique etc. enfin, à toutes les activités culturelles et artistiques qui profiteront de cette opportunité pour monter ce qu'elles ont de meilleur, de plus noble.
Le Pouvoir algérien veut une année commémorative non seulement festive, mais surtout qui renseigne sur le patrimoine culturel et artistique national qui a besoin de sortir de la zone approximative de l'anonymat, de la médiocrité, pour s'élever au niveau des plus performants. Il faut dire que jusque-là, le secteur culturel dans son ensemble n'a pas tellement brillé. Depuis sa venue à la tête de ce département, considéré normalement comme stratégique pour le développement de la ressource humaine mais qui représente hélas peu d'intérêt pour la sphère politique dirigeante, Khalida Toumi a essayé avec les moyens du bord de secouer le cocotier en exploitant notamment les occasions culturelles qui lui sont offertes par le calendrier.
Elle s'est souciée de l'avenir du cinéma en Algérie qui, après avoir connu des moments de gloire durant les années 70/80 a chuté lourdement pour devenir de nos jours insignifiant et complètement effacé de la scène internationale, du théâtre national et régional qui n'arrive pas se hisser à un rang plus honorable pour justifier sa réputation, de la musique qui reste très éparse malgré sa richesse, du livre qui ne produit plus de grands auteurs, et on peut à l'infini faire la liste des faiblesses et des manques flagrants qui affectent toutes les facettes de la culture chez nous, au point de ne pas croire que ces disparités dues souvent à l'immobilisme bureaucratique pourront disparaître d'un seul coup de baguette magique à l'occasion d'une date, d'un anniversaire.
Il y a eu des événements culturels fortement soutenus par l'Etat qui devaient servir de levier à la relance de la chose culturelle comme «l'Année de l'Algérie en France», «le festival panafricain», «Tlemcen, capitale de la culture islamique» (') mais une fois clôturés, le bilan de ces opportunités n'a jamais dépassé le seuil des espérances folkloriques. Le cinéma est retombé dans sa solitude, le théâtre aussi' Et la ministre aura comme consolation celle d'être la championne des hommages rendus à nos gloires artistiques. C'est peu flatteur pour une responsable qui a eu beaucoup de persévérance pour redonner vie à un secteur en déperdition, mais qui a n'a pas pu aller au bout de ses ambitions, malgré l'argent fou qu'elle a eu à sa disposition pour recréer la dynamique culturelle. Voilà donc de nouveau une autre occasion, le cinquantenaire, pour relancer la machine. Serait-ce la bonne, la moins coûteuse et la moins illusoire ' A travers le petit écran, nous aurons sûrement une première réponse'
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