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Fronton : Entre moi Arts et lettres : les autres articles



Fronton : Entre moi Arts et lettres : les autres articles
Bientôt se tiendront à Sebdou et d'autres localités de la wilaya de Tlemcen, des journées nationales du monologue (8 au 16 février). C'est un genre bien particulier de l'art que le monologue, où un individu fait semblant de parler seul alors qu'il est devant des dizaines ou des centaines de personnes. A contrario, on penserait aux hommes politiques qui font semblant de parler aux gens alors qu'ils se parlent à eux-mêmes. Ou, plus simplement, à ceux qui, dans la vie ordinaire, s'écoutent parler, implacables bavards, indifférents à l'accueil de leurs propos.
Petit conseil d'ami : appliquer la technique du judo qui utilise la force de l'adversaire et donc laisser la pie s'épuiser sans lui donner le moindre signe de réaction, pas même un applaudissement de paupières. Mais soyons sérieux.
Le monologue a toujours attiré les publics car il donne l'illusion que l'on s'adresse à nous tout seul, un peu comme un ami qui se confie à vous. Il accroît donc la proximité entre le comédien et le spectateur puisque le premier s'adresse directement au second, à la différence des pièces où, en général, des comédiens s'adressent à d'autres comédiens. Dans le monologue, le spectateur devient ou croit devenir un interlocuteur.
En Algérie, le théâtre national a, assez souvent, pratiqué le monologue, soit en tant que spectacle entier (parfois pour des raisons de budgets !), soit en tant que moment d'une pièce. On retrouve cela chez les pionniers de cet art qui voulaient créer une connivence «algérienne» avec les spectateurs, à la barbe de la censure coloniale. On le retrouve davantage dans les expressions théâtrales modernes. Mais, si on remonte plus loin dans le temps, on peut relever que les meddah, goual et autres diseurs des marchés populaires d'antan et de jadis étaient des monologuistes avant l'heure.
Abdelkader Alloula, dont le théâtre s'inspirait de cette tradition, l'avait bien compris. Agoumi fut sans doute le premier à interpréter un véritable monologue, Le Journal d'un fou de Gogol. Azzedine Medjoubi avait fait salles combles avec El Hafila Tassir (Le bus passe) ou encore Sonia, interprétant Journal d'une insomniaque de Boudjedra. Pour sa part, Fellag s'est enraciné dans ce genre. Slimane Benaïssa s'y est mis également. Et comment ne pas citer ici notre confrère et ami, Mustapha Benfodil qui, auteur du roman Les Bavardages du seul, se passionne désormais pour le théâtre '
Mais l'usage inconsidéré des mots chez nous fait que l'on confond souvent le monologue et le one-man-show. Le premier a une dimension théâtrale et le second, une vocation comique. Les deux ont le droit, et même le devoir d'exister. Tous deux sont des expressions nécessaires et honorables. Personnellement, je suis friand des deux. Il se trouve cependant qu'ils ne jouent pas dans la même division. Mais, prêcher dans le désert est bien le comble du monologue. J'écris, j'écris' Y a-t-il quelqu'un qui me lit '
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