Tlemcen - Revue de Presse

Festival panafricain : Des spectacles' sans nous !



Tout se passe là bas, sans nous, les citoyens de l'Algérie profonde. Comme si notre région était « biffée » de notre continent. Une consolation, cependant, quoique maigre : au lieu d'aller à Alger et ses environs voir les prouesses des artistes des 53 pays de l'Afrique, j'irai à l'Oued Ouerdefou de Maghnia. Et en guise de Youssou N'dour, Césaria Evora et Amazigh Kateb que j'aurais aimé applaudir, je dévalerai la pente qui aboutit à la cabane de Camara, le Malien, dix mille fois expulsé du Maroc et, toujours, l'espoir grand d'humer l'air ibérique. La détermination de mon ami et « compatriote » Camara est, à elle seule, une 'uvre d'art. Malheureusement, sans projecteurs ni couverture médiatique par les 200 envoyés spéciaux, bien entendu. Mais, Camara qui a oublié de rapiécer son pantalon troué, a tendance à trop confondre les choses. Il pense que les berges de l'Oued Jorji devraient être choisies comme lieux de spectacles. « L'Algérie est la capitale de l'Afrique et Maghnia fait partie de cette Afrique, nous sommes des Africains, pourquoi nous a-t-on exclus alors ' » Quel amnésique ce Camara, il ignore toute cette gratitude du gouvernement qui consiste à ériger des centres de rétention pour lui et ses pairs. Enfin, qu'importe ! J'emmènerai bien Camara à Tlemcen pour l'autre festival, celui de la musique andalouse, même s'il n'est pas africain dans le sens du Panaf. A nous, notre fête, les Africains de l'Algérie profonde ! Mais, hélas, notre festival vient d'être annulé par la wilaya tandis que celui d'ailleurs continue.
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