Tlemcen - A la une

EN LIBRAIRIE LA FEMME DU CAID DE FATEMA BAKHAIUne dame libre



Fatéma Bakhaï est née à Oran. Elle a fait carrière comme avocate mais s'est toujours intéressée à la littérature, signant de nombreux ouvrages destinés à la jeunesse. Côté roman, et après Izuran III, Au pas de la sublime porte (2010), Fatéma Bakhaï nous entraîne dans la région de Tlemcen, au début du XXe siècle, à travers Talia, l'héroïne de son dernier ouvrage.
Talia a huit ans lorsque sa mère décède. Son père se remarie. Sa nouvelle compagne ne veut plus de ses enfants sous son toit. Alors, les enfants du premier lit sont dispersés. Aïda, 11 ans, est donnée en mariage dans un lointain village. Quand à Talia, elle est recueillie dans une demeure cossue, celle du caïd. Bien intégrée, elle fera partie des employés de la maison, au même titre que Rekia, Badour, Chergui, Hassan… Talia aura la chance de fréquenter l'école avec son amie Margot, la fille de l'institutrice du village, Mathilde Michaud. Le caïd lui ouvre la voie de l'instruction dans un douar où les filles ne mettent pas le nez dehors. «Apprendre la langue des impies dans une école d'impies, une fille sortie de rien, c'est un signe de la fin des temps !» affirmaient ceux de la zaouïa. Une Maure à l'école ! On aura tout vu et pourquoi pas un indigène au gouvernement tant qu'on y est '» pestaient les colons. (P.110). Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, Talia interrompt ses études. Le caïd est mobilisé. Il embarque sur le Sidi Brahim, au printemps 1915, pour aller se battre sous le drapeau français. Son épouse, lallaKhadoudja, qui lui a donné deux garçons, Youcef et Madi, s'installe chez sa mère. Victime de démence, elle ne réintégrera plus le domicile conjugal. Les années passent. Talia est désormais une belle jeune fille «…Ses mains aux doigts longs et fins. Leur blancheur… Talia avait le teint mat, coloré, des pommettes très prononcées, une bouche charnue aux lèvres délicatement ourlées, un nez droit aux narines pincées et d'extraordinaires yeux ambre, presque jaunes, légèrement rapprochés, bordés de cils fournis, noirs et recourbés. » (P.146). Blessé, décharné, fourbu, le caïd revient de guerre après l'armistice. Talia prend soin de lui et reste à son chevet jusqu'à sa rémission. Un lien affectif se tisse entre eux, en dépit de leur différence d'âge. La jeune fille osera même le demander en mariage… Après le mort du caïd, Talia prend son destin en main. C'est elle désormais la patronne de la ferme et des biens légués par son défunt époux. Elle effectue un voyage en France où elle s'initie au secret du métier de lavandière. De retour à Tlemcen, elle fait installer une distillerie qui prospérera très vite. Découvrez le destin exceptionnel de Talia, la femme du caïd, à travers le nouveau roman de Fatéma Bakhaï, disponible dans toutes les librairies.
Sabrinal
La femme du caïd, Fatéma Bakhaï, Editions Alpha, 2012, 301 P.
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