
- Mariage tlemcenien : Une tradition qui se perpétueEn dehors du fait qu'elle scelle le destin de deux époux, l'union sacrée est d'abord une alliance entre deux familles. Et malgré l'évolution des m?urs, le mariage à Tlemcen est resté ancré dans des rituels ancestraux : fiançailles et mariage. Cette fête, qui était célébrée, autrefois, dans les maisons, est aujourd'hui, et généralement, organisée dans des salles. Elle dure entre deux et trois journées : l'Ouchi, une festivité intime marquant la fin du célibat des futurs mariés avec repas cossu, pâtisseries, thé et boissons gazeuses.Le mariage proprement dit quand la mariée quitte le domicile parental parée de la fameuse chedda et enveloppée dans le haïk Lachachi, tandis que le mari est vêtu d'un burnous emmitouflant un costume avant d'arriver au domicile nuptial ou à la salle? sur un cheval. «Cependant, souligne Halima maquilleuse, de nombreux usages se sont greffés à la tradition.Les Tlemceniens ont emprunté des traditions qui leur sont complètement étrangères, telles que l'utilisation du tifour marocain, une sorte de siège en bois soulevé par des hommes, ou le sari indien dans lequel on embarque la mariée pour un tour de danse au milieu de chants et de youyous.» La soirée musicale est synonyme de hawzi et, bien entendu, de DJ. Une tendance qui grossit davantage les budgets.A l'époque, on exigeait du prétendant la ceinture en or et le zerrouf (collier). Aujourd'hui, la parure, la gourmette et deux bagues sont quasiment obligatoires. Mais il est difficile de quantifier la dot composée d'objets d'or, d'habits, de literie, de meubles. «Il ne faut pas mystifier le mariage tlemcenien, indique Mme Houria, grand-mère, de nos jours, nos enfants se marient par amour et on leur demande le minimum pour leur union. L'important dans tout ça, c'est leur choix et la réputation des familles. Tlemcen ne peut échapper aux évolutions et vicissitudes de la vie.» Au fond, et contrairement à sa renommée surfaite, le mariage dans la cité des Zianides est loin d'être effrayant.- Le haïk, une identitéSauvegarder nos tenues ancestrales, perpétuer la tradition, réhabiliter et revaloriser un héritage patrimonial fortement menacé par des tendances externes, ne reflétant nullement notre société, tels sont les objectifs de cette exposition, si l'on se fie à un vieil autochtone qui a indiqué aussi, qu'après le haïk, la chedda tlemcénienne, récemment classée par l'Unicef, est à l'honneur.En Algérie, selon le maâlem, Ahmed Benbdelhakem, il existe cinq types de haïks, l'algérois, le tlemcénien, l'oranais, le sahraoui et celui de l'Est, la mlaya. Chacun est porté par la femme de manière différente selon les régions du pays. Et si naguère cet habit était un mode de vie, porté couramment par la Tlemcénienne, aujourd'hui, au grand dam des tisserands et des puristes, il n'est mis en valeur que lors des mariages. «La mariée, chez nous, sort du domicile parental enveloppée dans un haïk, pas en robe blanche. Heureusement, on a réussi à sauvegarder cette tradition», a affirmé, pour sa part, Mme Zineb H.A Tlemcen, le haïk se confond avec le nom Lachachi, tant cette famille, de père en fils, en dépit de toutes les influences, n'a pas abandonné le tissage, particulièrement la fabrication du haïk. Confectionné avec du polyester, du coton et de la soie, cet habit de couleur blanche, parfois doré, ne coûte que 2500 à 3000 DA, d'après M. BenabdelhakemPour faire honneur à cet habit spécifique, Mosli Bouayed, président de l'Association pour la sauvegarde et la promotion de l'environnement de la wilaya de Tlemcen (Aspewit), organise régulièrement de grands défilés de mode, dont les mannequins sont les femmes de la ville, jeunes et moins jeunes. «Un défilé qui met en valeur la femme, sa beauté, sa pureté, sa pudeur. C'est un moyen de sensibiliser la population sur un habit qui a tendance à disparaître. Le faire découvrir aux jeunes et contribuer à le sauvegarder?», indique M. Bouayed.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : El Watan
Source : www.elwatan.com