Tlemcen - Revue de Presse

El-Bradj L'eau des robinets est saumâtre



«L'eau qui arrive dans nos robinets estsaumâtre, voire même salée. Elle est imbuvable» affirma K. Lakhdar un habitant d'El-Bradj, un vieux bourg relevant de lacommune de Béni-Saf.A 5 km de Béni-Saf, sur la sortie Ouest, enallant vers Tlemcen, on débarque à «El-Bradj», plus connu sous l'appellation«El-Serb», une ancienne ferme à vocation vinicole qui avait pris jadis ce nomdu colon français d'origine serbe. L'ex-ferme s'est agrandie, au fil du temps,pour devenir un assez important bourg aujourd'hui fort de ses 600 habitantsenviron. Mais on constate malheureusement qu'en dépit de la faible distance quile sépare du chef-lieu de la commune, le bourg semble encore appartenir ausiècle dernier à en juger par l'état dans lequel il se trouve. Les commoditésles plus modestes en font défaut. Avant-hier, des bradjis sont venus à notrerencontre : ils sont rares les responsables locaux qui sont venus fouler le solde notre douar dira K.L «sinon ils viennent seulement à la veille des électionspour donner des promesses et repartir pour ne plus revenir» ajoute H.M plusdépité. Pour celui-ci, le bourg manque de tout : de collège, de bureau de poste,pire encore, de commodités indispensables au quotidien des habitants. Le manquede transport pour les collégiens et les lycéens scolarisés à Béni-Saf, leramassage des ordures ménagères, le gaz naturel, l'éclairage public sontévoqués, l'état des ruelles du bourg aussi. «Les ruelles n'ont jamais étégoudronnées depuis l'ère coloniale» dira Z.M. Une situation qui agace leshabitants qui, en été, ont toute la poussière du monde dans les narines et lesyeux, et en hiver, durant la période des pluies, ils pataugent dans unbourbier. Quant aux moyens de loisirs, pas une dent, les jeunes du bourg n'ontaucun endroit pour s'occuper à des saines activités. Ils passent leur temps às'égarer dans l'oisiveté, à rêver de projets de départ vers des horizonsdétournés. «Même pas une cafétéria pour «tuer» le temps», dira H.M. L'aire dejeu promise pour se défouler dans des matchs de football, n'a toujours pas vule jour. Mais la grande galère de l'heure, c'est incontestablement l'eau quiarrive, et que rarement semble-t-il, dans les robinets. Selon K. Lakhdar, elleest imbuvable. «C'est une eau saumâtre, presque salée au point où l'on diraitque c'est une eau de mer» ajoutera ce villageois. La station de pompage quialimente notre cité, explique K.L, est renforcée, au départ, par l'apport eneau d'un puits situé près de l'aquarium à quelques mètres de la mer. Notreinterlocuteur craint ici que c'est l'eau du puits qui se trouverait lourdementsaumâtre, et qu'il serait plus convenable de s'en passer. «Il n'y a qu'à voir dansquel état se trouve un linge rincé avec cette eau après l'avoir mélangé à undétergent. L'eau reste toujours mousseuse» ajoute H.M. Autrement dit, lesbradjis n'arrivent plus à boire cette eau. Certains n'hésitent pas à faireplusieurs kilomètres pour aller s'approvisionner à partir des sources d'eau dela région, d'autres se tournent vers les colporteurs d'eau lesquels cèdent sansgrâce la citerne d'eau à 700 dinars voire plus. Il faut aussi noter que c'estla même eau qui alimente Rachgoun et ses environs, autant le même problème.Pour le reste, l'unique consolation de ces bradjis reste la réalisation delogements. Somme toute, les mêmes voix profitent ici pour lancer un appel endirection des responsables de la wilaya pour que soit mis fin à tous ces problèmesà commencer par cette eau imbuvable.
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