«C'est dommage que le spectacle n'a eu lieu
qu'une seule fois», ont affirmé tous ceux qui ont eu la chance d'assister au
premier café-théâtre, ce mercredi, au CCF de Tlemcen. Et puis, il fallait
réserver bien à l'avance pour avoir sa table au 1er café-théâtre. Et oui, à une
table. Le décor avait changé dans la petite salle de spectacle devenue pour la
circonstance salle de café.
Deux hommes, tout de blanc vêtus, lisaient.
Philippe, Müller et Vincent Vernillat étaient déjà dans l'espace de la fiction.
Mais au fur et à mesure que le temps passait, les spectateurs se sentaient dans
la pièce, se construisaient un espace de jeu et apprenaient même à se
construire des questions théâtrales. Et «La belle histoire» de Pierre
Albert-Birot commencera par «ce vide qui était n'étant pas». Tout le texte de
P.A.B., tel un poème, sera dit dans une proximité très proche du spectateur,
comme dans un café-théâtre, un rapport direct : Philippe et Vincent parleront
aux gens qui étaient attablés, leur serviront un verre de thé, des gâteaux, des
légumes et des grappes de raisin. Des petites choses qui ont orienté la mise en
scène de Monique Dorcel. Et le texte «La belle histoire» qui n'est que la
genèse de l'univers, une folle re-création du monde, que P.A.B. nous conte avec
tant d'audace, est dit dans une langue très travaillée, très poétique, dense et
ciselée, concrète. Et «quand les démons viendront ‘l'emmalheurer', c'est avec
leur rêve qu'il les mettra en fuite. P.A.B. prendra des risques avec «contremontrer»
et «ça mange et ça desmange». Mais on comprend très vite qu'il est de ceux qui
ont écrit en dépit de la mort perpétuellement annoncée du texte. Monique Dorcel
a, elle aussi, pris un risque dans la mise en scène en faisant jouer ce long
poème par deux comédiens. Mais ils s'en sortent merveilleusement bien et le
public les adoptent très vite, après un petit temps d'acclimatation car ils le
font accéder au rang d'»acteur en carton». Mais on le sent très vite, comme
dans la «Halqa» de Abdelkader Alloula, dès qu'il y a poésie, il n'y a plus de
règles dans le théâtre: sortir de l'habituel. Et sortir de l'habituel, c'est
sortir avec des questions plutôt qu'avec des réponses. Mais qui a dit déjà que
faire un malheur au théâtre, c'est faire plein de petits bonheurs ?
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Belbachir Djelloul
Source : www.lequotidien-oran.com