L'ensablement des ports est un phénomène naturel de déplacement des sédiments marins d'un endroit vers un autre. En Algérie, particulièrement dans certains ports de pêche construits durant les deux dernières décennies, il prend de plus en plus d'ampleur.En 2000, la construction du port de pêche et de plaisance de Marsat Ben M'hidi a été confiée à une société croate. Actuellement, le port présente des insuffisances fonctionnelles, notamment au niveau de son chenal d'accès et sa passe d'entrée qui empêchent les chalutiers à fort tirant d'eau d'y accéder en toute sécurité, sans toucher les fonds.
Dernièrement, les services des Travaux publics ont lancé une opération d'approfondissement des fonds marins du port avec un budget avoisinant les 500 millions de dinars. Cependant, selon un ingénieur en travaux publics, «les travaux tels que prévus, à savoir l'extraction d'une quantité de 182 000 m3 de sable et son transport à 5 km au large pour la déverser dans les profondeurs, posent de sérieux problèmes financiers dont aucune réflexion d'optimisation et de réduction des coûts n'a été abordée au préalable, mais le plus tragique reste la question environnementale».
Et de s'interroger : «Dans ce cas, pourquoi se débarrasser de cette énorme quantité de matériau noble et rare (l'équivalent de plus de 18 000 camions de 15 tonnes ou bien une file de camions collés les uns aux autres sur 145 km de long) dont on ne veut pas, et pire, on payera les travaux deux fois plus cher pour créer une décharge dans le milieu aquatique, déjà fragilisé par les pollutions marines et le changement climatique '» Le plus grave dans cette entreprise, selon notre source, c'est le dégraissement (le départ irréversible du sable) de la plage de l'ex-Port-Say, car si le port s'est ensablé, c'est que de l'autre coté, la plage mitoyenne a perdu cette quantité de sable. Ainsi, à chaque fois, des travaux de dragage sont entrepris avec l'option de se débarrasser du sable.
Ceci entraînera par ce mécanisme naturel et perpétuel qui réside dans le rétablissement de l'équilibre sédimentaire, le départ des particules de sable de la plage et le rétrécissement du trait du rivage jusqu'à la disparition totale du sable et donc de la plage».
Pour notre interlocuteur, «dans le projet du port de Marsat Ben M'hidi, non seulement le dragage avec rejet en mer est excessivement onéreux, mais la solution avec rejet terrestre présente plusieurs avantages pour le chef-lieu de commune, à savoir : la conservation du littoral, la récupération d'une partie du sable qui servira pour la construction, sachant que la wilaya de Tlemcen manque cruellement de cette ressource, et la sauvegarde de l'activité économique principale de la commune, le tourisme balnéaire».
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Chahredine Berriah
Source : www.elwatan.com