
A l'est de Tlemcen, le soleil ne se lève plus. Le retour des villageois de Touaila dans leur bourgade, dans la commune d'Amieur (daïra de Chetouane), après un exil causé par de longues années de terrorisme, s'est fait dans la frustration.«Nous sommes retournés sur nos terres avec l'espoir de repeupler notre région en faisant fi de toutes les vicissitudes sauf de l'eau qui est la source de la vie», nous déclarent humblement les agriculteurs et éleveurs du village. Nos interlocuteurs nous expliquent : «Une grande partie des 300 hectares fertiles dont 100 hectares étaient irrigués (arboriculture et maraîchers), mais avec la construction du village socialiste agricole et le détournement des sources, nos terres sont devenues arides». Il est clair que les autorités avaient privilégié l'alimentation des foyers en eau potable au détriment de l'irrigation des terres sauf qu'il y a un hic : sur les lieux, il existe deux forages avec un grand débit mais abandonnés.«Notre unique doléance est simple : remettre en fonction un des forages qui nous permettra de redonner vie à notre production et abreuver notre bétail (ovin et bovin). Nous sommes riches de 10 000 pieds d'oliviers, des vignes, des pêchers, des amandiers et des agrumes. Ce serait un crime de laisser tout cela dépérir et pousser les habitants à déserter le village une seconde fois», s'inquiètent les citoyens.Curieusement, tous les services qui ont été contactés à ce sujet, semblent ne pas prendre conscience des préoccupations sérieuses de ces villageois. «Ni les services agricoles, encore moins les responsables et les élus locaux, à l'exception du maire d'Amieur, n'ont répondu favorablement à notre revendication légitime qu'est l'eau». Le mérite revient tout de même aux services des forêts qui ont ouvert une piste de trois kilomètres permettant aujourd'hui l'accès aux champs et terres arables et à la Sonelgaz pour l'électrification rurale. A Touaila, malgré la vétusté des habitations, des voies de communication inexistantes, les pauvres habitants s'obstinent à rester chez eux. «C'est notre dechra et nous n'irons nulle part, mais pour retenir nos enfants, nous avons besoin d'un minimum d'aides de l'Etat qui consiste à un forage pour sauver nos terres et assurer un avenir meilleur à nous et à toute la wilaya en l'approvisionnant avec nos produits», promettent les villageois.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Chahredine Berriah
Source : www.elwatan.com