
C'est une ville paisible et l'endroit favori des cigognes. En longeant d'ouest en est le boulevard principal, l'étranger, à Descartes, ne peut soustraire son regard de ces nombreux nids qui s'imposent à lui, sur le sommet des pilons électriques, anciens châtelets et habitations. Ces espèces migratrices y atterrissent fin février avant de reprendre leur envol à l'approche du mois d'août. Leur rendez-vous est localisé dans la merdja située dans la commune de Mezaourou. Et ce retour annuel est motivé par la sécurité des lieux que les cigognes trouvent dans cette contrée, car elles ne sont jamais inquiétées. Et ces jours printaniers, plus de trente nids embellissent le ciel de Descartes. C'est la période de l'éclosion, commentent les riverains. Nombre d'entre eux aimeraient bien s'en passer, surtout ceux qui aiment la grasse matinée. Car les craquettements de ces volatiles résonnent déjà à l'aube naissante. Un véritable casse-tête, rompu à mesure que les cigognes quittent leur nid pour la journée. Au crépuscule, c'est un véritable spectacle que leur retour en groupes dans un ciel rouge flamboyant au coucher du soleil. Descartes ou Ben Badis est également une région à vocation agricole. Dès qu'on amorce la sortie de la ville, les vastes champs céréaliers et autres maraîchers s'offrent généreusement avec leurs larges espaces verdoyants. On rencontre beaucoup d'agriculteurs qui y travaillent. Sans répit. Dans les plaines alentour, l'ambiance est studieuse. Place à l'ouvrage. Les uns moissonnent, les autres gardent un ?il sur le bétail. Tout autour de ces vastes champs, des jets d'eau provenant d'irrigations d'appoint ajoutent une touche à cette atmosphère bien rurale. Une véritable carte postale qui se dessine depuis la route nationale, bien entretenue, mais « piégée » par des radars. Ce qui oblige les nombreux automobilistes à respecter le code de la route. Vitesse maximale 80/h. Ce qui favorise la contemplation des paysages environnants. La promenade se poursuit. Et à dix bornes de Ben Badis, sur le tronçon gauche de la RN, se dressent, soudain, trois koubba d'une blancheur immaculée aux murs d'un vert tendre, au sommet d'un monticule. C'est un lieu de pèlerinage de la population qui converge vers ce lieu maraboutique. Ce dernier deviendra vite un village. Pour la petite histoire, c'est un certain capitaine Joseph Melchoir Daumas qui en fait la découverte lors d'une expédition vers la fin des années 1840. Les trois mausolées Sidi Meftah, Sidi Rabah et Sidi Ben Adda reposent sur une colline qui cumule à une altitude de 205 mètres, et elle se fait proche du littoral d'Aïn Témouchent.Hassi Zahana, de la vigne aux céréalesPuis arrive Hassi Zahana. Cette région aux terres fertiles, gorgée d'eau et au climat particulier, était prisée par les colons. Voici un pan de l'histoire transmise par les archives : « En 1883, M. Tassin, ancien directeur des affaires civiles et financières, sous le gouvernement de l'amiral de Gueydon, alors conseiller de Gouvernement, revenant d'une mission administrative à Tlemcen, fut amené, comme tous les voyageurs, à s'arrêter à l'auberge du Roulage qui était le relais des diligences chargées du service postal entre Sidi-Bel-Abbès et Tlemcen. » D'où l'ancien nom de ce village, Tassin, commune mixte de Boukhanifis. La région, connue autrefois pour sa viticulture, a fini par remplacer la vigne par les céréales. Il ne reste plus que des bâtisses comme les docks ou la coopérative agricole de Tassin, qui témoignent d'une intense activité agricole. Cette ville, créée en 1883, a eu, depuis l'indépendance à ce jour, sa part de développement. Aujourd'hui, des travaux d'assainissement s'y effectuent, en attendant le revêtement des artères afin de venir à bout des nuages de poussière qui empoisonnent la vie des habitants. Un autre soulagement pour ces derniers, Hassi Zahana voit arriver, enfin, le gaz naturel et la ville se trouve en plein travaux d'aménagement. C'est aussi par là que transitent les hallabas. Ces derniers s'approvisionnent à la station-service qui s'y trouve. D'où le rush créé par les véhicules de marque allemande, appropriés pour la longue route, qui s'y arrêtent, avant de prendre, le soir venu, la route vers la frontière. Les riverains les désignent sous l'appellation de « moukatilat ». Loin de ce tumulte nocturne, le centre de Zahana vit un quotidien des plus anodins. Au c?ur de la ville, les cafés sont l'unique attraction des habitants qui y partagent un breuvage et une partie de jeux de société. C'est la dernière image que livre Hassi Zahana ou Tassin, avant d'arriver, sept minutes seulement après, à Lamtar. Une autre petite ville à l'architecture coloniale. Elle est à 20 kilomètres seulement de Sidi Bel-Abbès. Des bâtisses anciennes y subsistent encore. De l'autre côté de la cité, de nouvelles constructions anarchiques y sont érigées. Une urbanisation sauvage qui ne laisse pas de place aux aires de jeux, aux espaces verts. Nous sommes sur la RN 13. Le jour du souk hebdomadaire, la circulation se fait dense et les poids lourds imposent leur diktat. Ce sont alors des bouchons sur des dizaines de kilomètres. Des embouteillages dignes des grands centres urbains se forment sans discontinuer ajoutant à la cacophonie provoquée par les vendeurs à la criée et les commerçants ambulants. D'ailleurs, le coin est connu pour l'abattage clandestin. La viande est exposée à l'air libre, sans protection, sous la chaleur de ces jours de mai. Une activité qui a pignon sur rue, surtout lors de la saison estivale et pendant la période de Ramadhan. Lamtar est l'avant-dernière escale avant Sidi Bel-Abbès. Car, avant, il faut traverser la commune de Sidi Lahcene. Une ville en pleine expansion. Ici, la propreté des lieux est frappante. Cela change des grandes agglomérations qui n'arrivent pas à se défaire des gros monticules d'ordures qui enlaidissent artères et ruelles. C'est sur cette image que s'annonce Sidi Bel-Abbès ! Lumineuse à souhait ! Le long des grands boulevards, crèmeries et cafétérias sont bondées de monde. Avec le beau temps, on se bouscule sur les terrasses en quête de fraîcheur dont on peut profiter encore à la faveur des soirées à la température clémente...
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : M M
Source : www.horizons-dz.com