En prévision de l'imminente visite de travail et d'inspection du président de la République dans la wilaya de Tlemcen, la Perle du Maghreb s'est parée de tous ses atours pour accueillir l'illustre hôte.
Annoncée à chaque fois telle l'antienne par la vox populi puis reportée sine die, la visite présidentielle, prévue pour juste après l'Aïd El-Fitr, coïnciderait avec l'ouverture officielle de l'année universitaire 2008/2009, croit-on savoir. Ainsi, Abdelaziz Bouteflika ne se fera pas davantage désirer dans la capitale des Zianides, qui sera consacrée en 2011 capitale de la culture islamique. Le cabinet du wali est devenu une véritable ruche. Une ambiance tout aussi fébrile règne du côté de la DLEP. Omniprésent sur les sites «ciblés», le P/APC se démène comme un diable. Un véritable branle-bas de combat est observé ces derniers jours au niveau du Grand Tlemcen.
Au siège de la coordination des associations pour le soutien au programme «mû» au troisième mandat du président de la République, sise à la place Emir Abdelkader, on bat le rappel des troupes en vue d'une (répétition) générale ponctuée de déclamations, de vivats et de manipulation (agitation synchronisée) de fanions. Le fougueux Bounaga affûte ses armes, galvanisé par la perspective de la «ou'hda thalita». Les scouts (SMA) et les écoliers ne seront pas en reste, quitte à subir à leur corps défendant «l'école buissonnière», une pratique protocolaire qui serait désapprouvée par le président de la République.
L'icône de la cité de Abdelmoumène Ben Ali, El-Hadj (ou Cheikh) Ghaffour (c'est selon) sera inévitablement à la tête du comité d'accueil des notables, appelé prosaïquement société civile.
Et pour cause. Qui ne se souvient pas de l'épisode populaire du «Rossignol de l'Algérie» brusquement réveillé par le cri «concordial» lancé à son adresse par le président Bouteflika à partir de la tribune officielle de la salle polyvalente de l'OPO de Birouana à l'occasion d'un meeting tenu en 2000 pour la promotion de la concorde civile ?
L'itinéraire qui serait emprunté par le chef de l'Etat fait l'objet d'intenses travaux de badigeonnage, bitumage, carrelage, pavage, désherbage et autre plantation de... palmiers. A ce titre, ce lifting touche particulièrement les secteurs du centre-ville et plus exactement le boulevard Colonel Lotfi, métamorphosé par la nouvelle trémie, où est située la résidence officielle de la wilaya et qui se refait une beauté à la faveur du ravalement des façades du siège de la direction régionale des douanes, de la grande poste, de la villa d'hôtes, du CEM Ibn Khaldoun, de la Banque d'Algérie et de Bab Wahran, pour cause de bain de foule, Mansourah du côté du nouveau pôle (2) universitaire où est prévue la cérémonie officielle d'ouverture de l'année universitaire 2008/2009 que présidera l'illustre hôte, Chetouane (CET de Saf-Saf et station d'épuration de Aïn El-Hout), Lalla Setti (parc d'attractions), entre autres.
Il faut souligner que l'illustre hôte n'aura pas le loisir d'étrenner le téléphérique de Sahridj M'bedda (vers le féerique plateau) qui est en voie d'achèvement. Abdelaziz Bouteflika fera-t-il un accroc à son agenda en allant se recueillir sur la tombe de Messali Hadj (dont le portrait géant qui trônait à l'entrée de la ville fut remplacé par un panneau publicitaire de bienvenue cher à Alfred Bel) ? Cédera-t-il à la tentation ou à la nostalgie à travers une virée dans la vieille médina (en mal de réhabilitation), en l'occurrence Bab Sidi Boumédiène et plus exactement derb Essedjane (la venelle de l'Oiselier) où habitait sa tante chez qui il venait (d'Oujda) passer ses vacances scolaires ? Dans ce cadre, le chef de l'Etat ne manquera pas de s'enquérir de l'état d'avancement du mégaprojet nommé autoroute Est-Ouest (le tronçon local long de 100 km relie Aïn Nehala à Akid Lotfi, à la frontière algéro-marocaine).
A ce propos, les usagers de la rocade ainsi que les taxis et bus desservant les deux lignes Tlemcen-Imama et Tlemcen-Oudjlida ont accueilli avec satisfaction le «tapis» noir qu'on vient de dérouler pour la circonstance. La route rutilante (régulièrement enrobée) menant vers l'aéroport Messali Hadj de Zenata (en chantier pour devenir un prestigieux «International Airport») est jonchée d'une myriade de lampadaires flambant neuf souvent allumés (testés) de jour, rivalisant avec une nuée d'oriflammes multicolores. Comme on le voit, les voies du protocole ne sont pas toujours impénétrables.
Rabah, l'inénarrable «fou du village», au typique béret noir à la Che, qui a disparu depuis quelque temps de la circulation ou plutôt du commerce informel des posters, aurait sentencieusement annoncé, à qui veut bien l'entendre, que la population du bidonville dit «Alcatraz» (dont il se proclame le porte-parole) envisagerait de dresser un barrage sauvage au niveau du lieudit Koudia pour barrer la route au cortège présidentiel. Son alter ego Djamel, l'inamovible agent de la circulation «banalisé» (bénévole) mais non moins pacifique, sera à coup sûr délogé de sa guérite virtuelle de Tafrata ou d'El-Blass. Place nette sera aussi faite parmi la faune de mendiants qui infestent le centre-ville, squattant les trottoirs.
Il convient de signaler dans ce contexte que les commerçants du centre-ville ont reçu un avis de l'APC en vue de l'embellissement «chromatique» de leur magasin sous peine d'amende et/ou de fermeture du local à l'encontre de tout gérant récalcitrant. A noter que certains commerces situés dans le périmètre du CCF avaient déjà changé les auvents surmontant les devantures à l'occasion de la visite éclair de la ministre française de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie.
Enfin, il y a lieu d'indiquer que la visite présidentielle imminente, qui s'annonce sous de bons auspices (beau temps), avait été précédée par la tournée récente de quatre membres du gouvernement, à savoir Amar Ghoul, ministre des Travaux publics, Amar Tou des Transports, Khalida Toumi de la Culture et Noureddine Moussa de l'Habitat et de l'Urbanisme.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Allal Bekkaï
Source : www.lequotidien-oran.com