Tlemcen - Revue de Presse

Bouteflika gère le temps et le politique



Même si par prudence ils n'en ont pas fait état, nombre deconfrères ont été en attente d'une déclaration de Bouteflikaà partir de Tlemcen sur la révision de la Constitution et, partant,sur sa candidature ou pas à un troisième mandat. Cette prudence leur a épargnéle ridicule d'être pris en flagrant délit d'élucubrations sans fondement.

Il était toutefois tentant de présupposer que Bouteflika allait précipiter l'annonce de la révisionconstitutionnelle après que le chef du gouvernement, et après lui Abdelaziz Belkhadem, ont affirmé l'imminence de cette échéance politique.Et Tlemcen, dont on sait l'attachement que lui voue le Président, apparaissaiteffectivement le lieu idéal d'où il aurait pu rompre son silence en la matière.

Encore une fois pourtant, Bouteflikas'est joué des supputations que sa visite à Tlemcen a fait naître. Il n'a pasfait en effet la moindre allusion à l'évènement. Enprolongeant son mutisme, il confirme ainsi au moins qu'il n'est tenu par aucunecontrainte règlementaire ou calendaire, et cela parce que manifestement il aopté pour faire la révision constitutionnelle par la voie parlementaire.

La convocation du Parlement, à qui sera soumis le projet derévision, peut intervenir à tout moment, avec comme seule contrainte qu'elle sefasse avant celle du corps électoral pour l'élection présidentielle. Autantdire que le chef de l'Etat a encore la latitude defaire durer «le suspense» et d'entretenir le désarroi dans lequel son mutismeprolongé a plongé la classe politique et l'opinion publique.

Le talent manoeuvrier de Bouteflikaconsiste à ne pas laisser aux adversaires de la révision constitutionnelle, etdonc d'un troisième mandat, le temps d'engager un débat de fond sur la«nécessité» de cette opération pour le pays, ainsi que sur l'aspectantidémocratique de la non-limitation des mandatsprésidentiels qu'elle va instituer. Cela a consisté à confiner leursinterrogations et questionnements d'abord sur la réalité de ses intentions, ensuitesur le moment qu'il choisira pour les dévoiler. Sa manoeuvre a parfaitementréussi, puisque les acteurs politiques censés être concernés s'abstiennent detoute prise de position définitive, sous le prétexte qu'il faut attendre que Bouteflika fasse connaître le contenu de son projet derévision de la Constitution et se détermine pour l'élection présidentielle.

Par des déclarations au ton critique, plusieurs d'entre euxont nettement affiché ce que sera leur position à l'occasion des deux échéancesannoncées. Ce n'est pas pour autant que le climat soit à la mobilisation dansle camp des oppositions partisanes. Encore moins au travail pédagogique desensibilisation de l'opinion aux «dangers» dont les desseins présidentielsseraient porteurs, à en croire les formations politiques de ce milieu partisan.

 A force de restersuspendus à l'éclairage qui devrait leur venir d'en haut, ces appareilspartisans ont tout à fait oublié ce pourquoi ils sont censés avoir été créés : l'éveilet l'encadrement de l'expression populaire.


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