Tlemcen - Revue de Presse

Bouteflika appelle à une meilleure compréhension de l'Islam par les Occidentaux



Le président de la République a déclaré «ouverte», samedi soir, la manifestation «Tlemcen capitale de la culture islamique» devant un public qui semblait lui vouer une affection particulière.

C'est devant un parterre de plus de 350 personnes venues de divers horizons, y compris du corps diplomatique étranger accrédité à Alger, que Bouteflika a discouru pendant 13 minutes sur «la multitude de trésors artistiques et culturels de Tlemcen, cette cité à l'histoire très riche qui a donné naissance à de nombreux penseurs, hommes de religion, philosophes, poètes et musiciens». Il saluera le choix par l'ISESCO (Organisation islamique pour l'éducation, les sciences et la culture) de Tlemcen l'historique comme «Capitale de la culture islamique 2011». Choix qui fait «la fierté de l'Algérie».

Le président estime que «la culture est ce qui intègre et ce qui s'intègre». Tlemcen permettra donc, pense-t-il, «la mise en symbiose de tous les génies, de tous les talents, de toute la création culturelle, artistique et scientifique des peuples musulmans.» Ce qui, dit-il, «nous permettra de participer de manière significative à l'approfondissement de la diversité culturelle de l'humanité». Pour lui, des villes comme Tlemcen, Alger, Béjaïa, Constantine ou Tiaret «ont constitué des lieux favorables pour le développement des sciences, du savoir et de l'enseignement, en même temps que l'entretien des relations entre elles, le développement du commerce national et international allaient permettre des échanges féconds». Il notera que «Tlemcen a su développer et entretenir de nombreux métiers d'art dont le raffinement prouve la grande maîtrise de ses artisans». Raffinement qui, explique-t-il, «se retrouve dans la pratique musicale, partie du Maghreb et revenue d'El-Andalous, dans laquelle se révèlent les talents de cette société du plus haut niveau culturel et de compagnie fort agréable». Le tout constitue à ses yeux «des patrimoines culturels (qui) font de nos peuples les héritiers et les dépositaires d'une partie de la mémoire du monde», même après que «l'humanisme musulman eut été mis à mal par les différents colonialismes qui lui ont réservé le sort que l'on sait et qui est fait de spoliations, d'aliénation, de dépersonnalisation et d'acculturation».

 Bouteflika affirme que «nous croyons en l'unité de l'humanité (…)». Il déclare que «nous sommes adeptes du dialogue, de l'échange, du partage entre les cultures car c'est à cela que nous convie le message adressé à l'humanité entière dans le saint Coran. «Nous avons fait de vous des peuples et des tribus pour que vous vous connaissiez».

 Cette année de la culture islamique permettra, estime-t-il, «une meilleure connaissance de l'Islam par les Occidentaux, en même temps qu'une plus grande compréhension entre les peuples». A condition «d'Å“uvrer non pas à l'instauration de la confrontation et de la rupture mais à la construction des consensus, des dialogues, des échanges fondant la grande réconciliation humaine».

 A cette occasion, ajoute-t-il, «nous dirons au monde que nous n'entendons rien renier de notre foi, de nos convictions, de nos façons d'être, mais sans nous attarder sur le bord du chemin à regarder le temps qui passe». Il indiquera que «la modernité c'est aussi nos rythmes, nos chants, nos contes, nos livres, nos films, notre théâtre, notre créativité, notre talent». Il continue : «Nos âges d'or, nous voulons les conjuguer au présent car la civilisation humaine ne peut se passer de nos gisements de spiritualité, de culture, d'histoire et d'imaginaire».

 Le monde musulman, fait-il remarquer, «fait face aujourd'hui à de nombreux obstacles qui peuvent contrarier sa réalisation comme sphère culturelle stable susceptible de compter dans le concert des nations». Une situation qui, dit-il, «appelle de notre part une solidarité plus active et la densification de nos réseaux de coopération».

 Sa conclusion est que «si ce passé, cette histoire, ces patrimoines doivent être utilisés, c'est bien comme viatique et rampe de lancement vers le futur pour notre jeunesse». Il affirme ainsi que «nul développement durable ne peut se concevoir sans qu'il ne se donne comme cible et moyen l'être humain».

 Avant lui, les ministres de la Culture et des Affaires religieuses ainsi que le directeur de l'ISESCO, Abdelaziz Benathmane Touidjri, avaient vanté les vertus «historiques, cultuelles et culturelles» de Tlemcen. Khalida Toumi rappellera les réalisations d'importantes infrastructures qui en témoignent. Les trois orateurs ont discouru pendant plus d'une demi-heure chacun, jusqu'à en lasser l'assistance qui commençait à applaudir sans raison.


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