C'est l'irrégularité et la disparité dans les livraisons qui sont à l'origine des tensions: «C'est une question de gestion!» Au niveau du chef-lieu de wilaya, où la demande est la plus importante, deux stations sont à l'arrêt.
Jamais à la faveur d'une session d'APW les élus n'ont eu à connaître la quantité de carburant livrée à la wilaya, soit 197 310 m3 pour 2011. Ce nombre, qui n'était soutenu ni par celui des années d'avant ni par ceux des différents carburants, a été apparemment repris sous la dictée, ou plutôt par le réflexe du copier/coller, à l'instar de tous les autres chiffres figurant dans le rapport de la commission. En effet, aucune appréciation en terme d'impact socio-économique ni en terme de satisfaction réelle des populations n'y figure. On n'y retrouve également aucun commentaire en terme de rectificatifs éventuels à apporter, étant donné que tout le travail de planification des projets et leur réalisation relève des technocrates qui, quelle que soit leur compétence, peut être valorisé grâce à l'examen des élus, ceux-là mêmes qui sont au plus près des réalités concrètes locales.
Pis, d'autres chiffres, relevant d'une insignifiante comptabilité d'apothicaire, sont cités. De la sorte, leur surabondance rend difficile de se retrouver dans leur labyrinthique développement. Pour revenir à la question de la quantité de carburants livrée, il apparaît à l'examen qu'elle est moins innocente que cela: les élus s'étaient fait caisse à résonance d'un discours qui ne s'assume pas, un discours en vue de dédouaner soit l'administration soit Naftal du phénomène de la crise périodique de carburant, une ou deux fois par semaine, sévissant à Témouchent. En effet, pour d'aucuns, cette wilaya est en train de se «tlémcéniser» par sa contamination du même phénomène qui empoisonne la vie des Tlemcéniens depuis plusieurs années. Et, comme cela avait été clamé à Tlemcen, pour conjurer la colère des citoyens, on affiche les chiffres de livraison comme si cela suffisait à régler le problème.
Or, selon divers interlocuteurs agissant dans le secteur, ce ne sont pas les hallabas qui sont principalement en cause à Témouchent, même s'il est vrai que durant la récente crise sur le carburant à l'ouest Témouchent en a été envahie. En conséquence, nos interlocuteurs expliquent que c'est l'irrégularité et la disparité dans les livraisons qui sont à l'origine des tensions: «C'est une question de gestion!» Pour tempérer la critique, on admet, qu'au niveau du chef-lieu de wilaya où la demande est la plus importante, deux stations sont à l'arrêt. Cependant, indique-t-on, la première est du fait d'un repreneur qui y réalise des aménagements, et la seconde son arrêt est du ressort de l'administration qui aurait fait preuve d'un acharnement bureaucratique à l'égard de son propriétaire.
D'abord, après la levée de réserves administratives tout à fait régulières, l'administration a maintenu sa fermeture au motif qu'il y avait un conflit judiciaire entre Naftal et le propriétaire de la station. Or, ce conflit étant purement commercial, pour d'aucuns, en maintenant la fermeture, l'administration a objectivement pris fait et cause pour Naftal. Et bien que l'affaire ait été dénouée, une autre affaire de justice a été engagée pour contester la cession de la station. Ce qui a encore été aplani mais la décision d'ouverture tarde à venir. D'aucuns parlent d'une manière d'intimider les propriétaires des stations tentés de s'adresser aux distributeurs privés pour leur approvisionnement.
On s'exprime ainsi parce que les malheurs de cette station ont commencé au moment où son propriétaire s'est détourné de Naftal. Vraie ou malveillante, cette hypothèse est de plus en plus partagée avec la perte d'influence de Naftal et sa récente opération de récupération de son pouvoir commercial sur la distribution du gaz butane.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Mohamed Kali
Source : www.elwatan.com