L'on a dit Tlemcen déçue par Boulteflikaet ses habitants notables ou simples citoyens peu enthousiastes à l'idée d'un troisièmemandat.
L'accueil que la capitale des Zianidesa réservé à son hôte présidentiel durant sa «visite de travail» n'a pas étédélirant. D'où l'on peut tirer la conclusion que la désaffection des Tlemcéniens à son égard est réelle. C'est un fait que lavenue de Bouteflika n'a pas drainé la grande foule etencore moins provoqué d'hystériques démonstrations favorables à «la ouhda telta».
Est-ce pour autant la preuve qu'il y aurait divorceirrévocable entre les Tlemcéniens et le Président, enfantdu pays ? Il faut se garder de faire de cette impression une réalité. Tant àTlemcen qu'ailleurs, les foules sont versatiles dans leurs amours et désamourspolitiques. C'est pourquoi, l'apparente indifférence affichée par la masse descitoyens tlemcéniens pour la visite du Président dansleur wilaya ne vaut pas preuve de leur part d'expression d'opposition à untroisième mandat. Tout comme l'unanimité forcée manifestée en faveur de cetteperspective par la famille universitaire réunie en la circonstance pourl'ouverture officielle de l'année universitaire, ne vaut pas non plus preuve del'adhésion de ce milieu.
A Tlemcen comme ailleurs, dix ans de pouvoir presque ontforcément érodé la popularité de Bouteflika. C'est làle résultat d'un bilan qui, sans être totalement désastreux, comme leprésentent les adversaires du Président, déçoit néanmoins beaucoup de citoyensqui ont à tort nourri des espérances aux attentes autrement plus exigeantes queles résultats dont est fait ce bilan des deux mandats présidentiels.
Il n'y a aucun doute, par exemple, que beaucoup a étéréalisé en tous les domaines dans la wilaya de Tlemcen. La capitale des Zianides a ainsi vu se concrétiser d'imposants projets quiont totalement changé et positivement et son aspect et les conditions de vie deses habitants. Cela étant, le commun des citoyens à Tlemcen, sans contestercette évolution positive, n'en est pas moins critique à l'égard d'unegouvernance dont il juge, à tort ou à raison, qu'elle n'apas apporté le principal à sa région, à savoir le développement économique etl'aisance, ou du moins la sécurité sociale.
C'est connu que la capitale des Zianidesa été un pôle économique d'importance constitué par un tissu de petites etmoyennes entreprises et un secteur de l'artisanat dynamique et prospère. Lelibéralisme sauvage qui a servi de politique économique dans notre pays a ruinéson statut. Ce constat est à prendre en compte plus que tout autre, s'agissantde savoir pourquoi les habitants de la wilaya de Tlemcen manifestent de ladéception et, partant, du mécontentement pour certains.
Cette tendance dans le sentiment populaire à l'égard de sagouvernance et de son bilan, Bouteflika n'est passans l'avoir mesurée. Elle est cause qu'il a renoncé à soumettre à référendumcitoyen son projet de réforme de la constitution. Une décision qui a dû trèscertainement coûter à un président qui ambitionne de faire passer l'Algérie del'ère de la légitimité révolutionnaire à celle populaire.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Kharroubi Habib
Source : www.lequotidien-oran.com