Tlemcen - A la une

A la découverte de jeunes talents



A la découverte de jeunes talents
Neuf jeunes troupes de Tlemcen et d'autres wilayas, comme Sidi Bel-Abbès et Oran, y ont pris part, et l'association locale Slam de lettres en arts de Tlemcen, suivie de la troupe Mohammed- Bouali de la même ville, se sont produites le premier jour.La vocation de cette manifestation artistique est la découverte de jeunes talents devant prendre la relève des grands maîtres qui ont chanté les poésies de Bensahla, Bentriki et Benmsaib. Placé sous le slogan « jeunes d'aujourd'hui, chioukhs de demain », ce festival a été marqué par plusieurs soirées animées par les associations comme « Riyadh El Andalous », « Ahbab Cheikh Larbi Bensari », « El Mouahidia de Nedroma », ou « Andaloussia » de Sidi Bel-Abbès.Tlemcen demeure un pôle important de la tradition musicale, avec l'art de la nouba et du chant populaire el hawzi, hawfi.... Ce patrimoine a traversé les siècles grâce au dévouement et au mérite des grands maîtres. Tlemcen, de l'avis de nombreux chercheurs, était une ville stratégique pour les savants, les commerçants et les artistes qui se déplaçaient de Cordoue, de Grenade, de Séville ou d'autres villes andalouses, vers le Maghreb. Abdeldjellil Elimam, linguistique et membre scientifique au sein de l'Unesco, a souligné, lors d'une conférence, que « le hawzi pourrait être classé si les Algériens le décident ». Le hawzi, selon lui, « remonte à 1000 ans, et qu'en parler c'est retrouver une mémoire millénaire ». Lors de la séance de clôture,le Dr Bensenouci, de l'Université de Tlemcen, nous a indiqué que « la musique andalouse est une ?uvre savante, et l'aboutissement d'une synthèse considérable à l'échelle du monde musulman ». Selon lui, « la musique andalouse est le résultat d'un métissage entre la musique arabe venue d'Orient, la musique afro-berbère du Maghreb et la musique pratiquée dans la péninsule ibérique avant l'année 711, date à laquelle Tariq Ibn Ziyad traversa le Détroit pour conquérir l'Andalousie. » Cette région, terre de brassage entre plusieurs civilisations, donne lieu à une éclosion sans précédent d'un art musical qui connaît un développement fulgurant pendant plus de huit siècles tant en Andalousie qu'au Maghreb.Le vingtième siècle donne une nouvelle impulsion à la réhabilitation de ce patrimoine musical. Les Congrès du Caire (1932) et ceux de Fès (1939 et 1969) ont été des occasions de rencontres fructueuses entre les spécialistes de divers horizons. Ils ont eu surtout pour objectif de susciter des études comparatives à partir de différents répertoires et des publications d'enregistrements musicaux. « L'étude, la recherche et enfin la connaissance du patrimoine poético-artistique de la chanson andalouse dans le Maghreb laissent à l'évidence apparaître la nécessité d'une approche méthodologique qui rend indispensable aujourd'hui la réhabilitation des études du passé maghrébin avec ses différentes phases de sédimentation. Selon le Dr Bensenouci, « la mémoire souffre encore d'un déficit chronique en matière de connaissance de notre passé ou encore de sa culture, de ses arts, autant que de ses hommes du passé » . « L'héritage poético-musical a fait depuis l'objet de nombreuses altérations dues à l'oubli mais aussi à des simplifications », a-t-il déploré. Il a enfin rappelé que la mémoire musicale andalouse à Tlemcen fut consignée dans des manuscrits d'auteurs qui renvoient à des textes originaux et à des ?uvres complètes.Citons, entre autres, celui du maître juif Médiouni Ichou dit Maqchich (1829-1899), conservé par Cheikh Abderrahmane Sekkal, ou celui de Mohamed M'rabet (1855) « Al-djawahir al-hissane » dont l'écrit original fut découvert à la bibliothèque nationale de Paris et publié par le professeur Abdelhamid Hadjiat (Alger, Sned, 1985). Il a cité aussi l'?uvre originale, encore inédite, d'Ibn Dhurra' Trari Tlimsani Al Andaloussi (1862), découverte à Alger et qui révèle qu'une bonne partie de l'héritage est tombée dans l'oubli.
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