Tlemcen - A la une

À l'ouest du pays



À l'ouest du pays
'Quand le ventre est repu, c'est la tête qui chante.' Cette lapalissade bien ancrée dans l'imaginaire populaire fait jaser les Oranais à quelques jours seulement du scrutin du 10 mai prochain. La campagne électorale qui tire à sa fin est 'passée' comme elle était venue. 'Perte de temps', 'de l'argent jeté par les fenêtres', 'des candidats ressassant un discours oiseux', 'de la poudre aux yeux' et 'une parodie de campagne'.
Cet état des lieux frustrant renseigne sur le sentiment accablant d'une majorité de citoyens. On pourra dire que la pomme de terre aura pesé de tout son poids.
Les marchés publics sont un baromètre révélateur. Quand on pose la question sur leur intention de vote, les citoyens ont une réponse majoritairement invariable. 'De toute façon, voter ou ne pas voter, ça ne change rien. Les dés sont déjà pipés et vous verrez que ce seront les mêmes lapins qui sortiront du chapeau le 10 mai.' Un candidat avoue pour sa part que la 'dynamique escomptée par les meetings n'a pas entraîné le déclic chez les citoyens'.
Cette attitude sonne comme une réponse aux chefs des formations politiques dans leur tentative d'impulser une dynamique à une campagne des plus maussades. Dans la wilaya de Tlemcen, la première quinzaine de la campagne électorale a été mi-figue, mi-raisin. Hormis les fidèles militants des partis qui se sont empressés d'assister aux rassemblements populaires, la population dans sa majorité s'est sentie non concernée par cette campagne, comme ce fut le cas du reste lors des législatives de 2007, où l'on a enregistré un taux exceptionnellement élevé d'abstention. Comme le résume si bien cet architecte de 42 ans, pourtant titulaire d'une carte de vote. 'Pour le scrutin du 10 mai, je crois que les jeux sont faits, car nous sommes habitués à subir le discours politique dans les règles et on ne recueille que des miettes.'
Même constat à Aïn Témouchent où l'esprit était ailleurs. Les citoyens sont beaucoup plus préoccupés par le marché des fruits et légumes que par le 'souk' des législatives. D'ailleurs, les premiers jours de cette campagne, la pomme de terre a ravi la vedette aux leaders des partis lesquels n'ont pas hésité à faire de ce tubercule leur cheval de bataille. À Béchar, les candidats des partis politiques et des listes indépendantes n'arrivent pas à créer l'ambiance tant espérée par les autorités. Cette région du sud-ouest du pays vit dans la morosité, et les citoyens, qui ne croient plus à la baguette magique, vaquent à leur labeur quotidien sans se soucier des meetings des têtes de liste, qui n'arrivent plus à remplir les salles exiguës des centres culturels.
Pour attirer plus de monde, des candidats ont fait appel à des troupes folkloriques pour animer leur rencontre électorale. Les jeunes que nous avons rencontrés ont déclaré qu'ils sont préoccupés par les prix des fruits et légumes et par l'accession historique de la JSS en Ligue 1 du championnat national de football. Même perception à Sidi Bel-Abbès où l'événement est moins perçu chez la plupart des électeurs, à tel point que 'certains ne le sentent même pas'.
En effet, l'ambiance est morose, celle-ci est constatée à première vue sur le peu d'intérêt qu'accordent les citoyens à l'activité des responsables locaux des partis. Certains, même accompagnés de leurs 'têtes' de liste, sont incapables d'organiser des rassemblements à travers les communes, et ce, face à la réaction hostile des jeunes qui ne croient plus en leurs promesses.
M. Laradj / A. Bousmaha / B. Abdelmadjid / R. Roukbi


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