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À l'heure du nouvel an berbère



À l'heure du nouvel an berbère
Les festivités du nouvel an berbère ont été célébrées partout dans les wilayas de Tlemcen et Sidi Bel-Abbès. Une coutume bien ancrée dans la société algérienne. Cette année, la fête a pris une dimension grandiose. Les produits exposés à la vente, entre fruits secs et bonbons, ornent les devantures des magasins et les étals des marchés, devant lesquels se sont formées de longues files d'attente, marquées par la fébrilité qui s'empare de ces lieux de vente les jours de célébration de fêtes religieuses. Selon bon nombre de personnes interrogées, célébrer cette fête les fait replonger dans le bon vieux temps. Cet évènement est aussi l'occasion de faire plaisir aux enfants, qui trouvent leur joie devant un plat plein de bonbons, figues, noix et autres fruits secs. A Sidi Bel-Abbès, le nouvel an berbère a été célébré en présence d'une délégation du HCA, avec de nombreuses manifestations et expositions au menu.Du côté de Tlemcen, des expositions et des conférences ont été organisées pour évoquer l'histoire de cette fête qui remonte à près de 3.000 ans avant J.-C. lorsque Chachnek 1er, roi berbère, fêtait sa gloire dans la région des Beni-Snous à Tlemcen en 950 avant Jésus-Christ. Toute la journée d'hier, Beni Snous a fêté l'événement au siège de la daïra et au complexe sportif de Khemis. Lors de cette cérémonie, le Dr Benaïssa Abdelkrim, universitaire, a retracé la légende d'Ayred.De nombreux chercheurs en anthropologie se sont penchés sur ce rituel. Dans la région de Tlemcen, plus précisément chez les Béni Snous, les autochtones (Imazighen rifains) pratiquent encore un rituel carnavalesque, appelé Ayred, pour célébrer Yennayer. Ayred est un fascinant spectacle qui offre des visages de fête, d'effervescence et de vertige. Masques où matières et couleurs se confondent, offrant au regard et à l'imagination l'occasion d'un grand moment de délectation. Selon Aziz Mahboub, enseignant universitaire, cette manifestation est hautement intéressante aussi bien pour le profane que le chercheur. « Nous avons là un spécimen de proto-théâtre, un exemple typique de ce que devient une cérémonie ancestrale vidée de ses croyances. Elle tombe dans le burlesque, se surcharge et se complique indéfiniment au gré de l'espace temps », a-t-il souligné. Une autre légende a été évoquée, celle du dieu Anzar. En effet, qui de nous ne connaît pas cette légende ' « Une des coutumes berbères ayant une cosmogonie très particulière, qui repose sur des principes fondamentaux comme le temps du rêve et qui débouche sur une sorte d'animisme très respectueux de la nature. » Chaque année à l'occasion du nouvel an berbère, les femmes de Tlemcen, femmes amazighes, formaient un cortège pour se rendre au cimetière.Au milieu, une vieille portait une louche (aghenja), habillée de tissus aux couleurs arc-en-ciel (Anzar), le dieu de la pluie. Arrivées sur les lieux, les femmes chantaient à haute voix et en kabyle, priant Anzar de leur donner de la pluie. Jadis, les actes étaient spontanés, naturels et empreints de naïveté. D'ailleurs, au retour, le tonnerre gronde et les averses tombent sur toute la région. Ce rite finissait alors comme il a commencé dans une ambiance festive. Cette tradition est un patrimoine important, considéré par les spécialistes, dont Gabriel Camps, comme une mythologie berbère à part entière.


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