L'Algérie, qui nous avait habitués à des célébrations fastueuses diverses comme Tlemcen, capitale de la culture islamique, ou encore l'Année de l'Algérie en France, garde cette fois-ci un silence incompréhensible sur cet immense événement qu'est le cinquantenaire de l'Indépendance du pays. Outre-mer, les commémorations font le plein des médias et des plateaux de télévision pour revenir, cinquante ans après, sur le cessez-le-feu. Si chacun y va de sa vision tronquée par l'élection présidentielle française, et ce, en prenant soin de calculer le poids des différents corps d'électeurs pro ou anti-Algériens, le débat n'a jamais cessé d'exister.
Paradoxalement, chez nous, hormis le congrès de l'Organisation nationale des moudjahidine dont la tenue coïncide avec cette date, peu d'activités ont été annoncées et l'absence remarquée du chef de l'Etat à l'ouverture des travaux permet plusieurs lectures mais n'excuse en rien ce geste inamical, d'autant qu'il est le président d'honneur de cette institution frondeuse.
Certains avancent l'argument que le 19 Mars n'est pas considéré comme une fête nationale et n'est pas férié. Seulement un cinquantenaire d'Indépendance se célèbre sur toute une année, si on veut que la jeunesse, qui représente les trois quarts de la population, se réapproprie l'histoire de son pays dont elle ne connaît que des bribes incomplètes, distillées par l'Ecole. Comme d'habitude, des réunions se sont tenues pour élaborer un programme encore tenu secret et il est juste à espérer que la fête soit populaire et partagée par tous et non comme à l'accoutumée se limiter à des célébrations officielles pour les officiels. Mais dommage pour ce temps que nous prenons avec un malin plaisir à perdre.
Un anniversaire est connu et donc se prépare des années à l'avance, pour celui-là notamment.
Cinquante ans, laps de temps suffisant pour interroger les mémoires avant qu'elles ne s'éteignent, pour presser les historiens à se ruer sur les archives pour démonter le mensonge grossier proclamé, toute honte bue, que la colonisation a des aspects positifs. Il ne faut pas juste le dire, il faut l'écrire, le démontrer et l'assumer. Ce qui n'est pas encore le cas.
O. A.
abrousliberte@gmail.co
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Outoudert Abrous
Source : www.liberte-algerie.com