Mis à part les affichages anarchiques, rien n'indique que la campagne électorale a été lancée depuis dix jours.
Près de dix jours après le début de la campagne pour les élections locales du 29 novembre prochain, rien ne semble indiquer une forme d'engouement au sein des citoyens à Tizi Ouzou. Seuls les posters de campagne renseignent sur l'approche du rendez-vous électoral.Sur les tableaux d'affichage, sont perceptibles uniquement les affiches de deux ou trois partis politiques ayant un ancrage dans la région. Pourtant, 325 listes, dont 9 à l'APW, sont en compétition dans la wilaya de Tizi Ouzou. En dehors de quelques déplacements des candidats, enregistrés à travers quelques localités, les représentants des partis politiques attendent, sans doute, la dernière semaine pour s'investir dans cette campagne qui, d'apparence, intéresse peu de monde.
Les candidats le savent, la population n'est pas prête d'oublier une gestion chaotique, voir catastrophique de leur quotidien par des élus, du reste, dépouillés de leurs prérogatives. Qu'attend le citoyen des futurs élus ' Est-il séduit par le discours lors de cette énième opération de charme servie par des candidats ' «C'est le désintéressement total chez la population. Les citoyens ne sont plus dupes, ils ont compris que l'élu local ne peut rien pour eux, rien pour répondre aux besoins élémentaires des administrés. On appelle les gens à voter pour des candidats qui savent pertinemment qu'ils ne pourront jamais tenir leurs promesses», dit Samir, un habitant de Larbaâ Nath Irathen.
Notre interlocuteur tente d'aller plus loin pour expliquer son point de vue : «J'ai remarqué que lors des manifestations sociales, les citoyens se rassemblent devant les sièges de la wilaya ou des daïra sachant que l'élu ne détient ni les moyens ni les prérogatives nécessaires pour régler les problèmes soulevés, notamment l'assainissement. Les maires eux-mêmes renvoient les citoyens à l'administration, en raison de leur impuissance à répondre aux doléances des personnes qui les ont élus».
Les quelques personnes interrogées, dont des habitués du boycott, s'attendent à un taux de participation égal ou inferieur à celui du 10 mai, lors des élections législatives (moins de 20 % de participation dans la wilaya de Tizi Ouzou). A ce propos, Abdenour dira : « Nous allons avoir un vote des militants et un vote familial. Et encore, après les législatives, beaucoup de partis politiques ont été affaiblis suite aux dissidences et au retrait des militants mécontents lors de la confection des listes électorales», avant d'ajouter : «D'autant plus qu'avec le nouveau code communal et de wilaya, les prérogatives des élus sont laminées et ils le savent. Qu'ils tempèrent au moins leur discours».
Pour beaucoup de citoyens, l'élection locale n'est rien d'autre qu'une course vers les petits privilèges et les intérêts personnels. Arezki, citoyen d'Aghribs nous dira : «Vous n'avez qu'à regarder le comportement des militants lors de la campagne d'affichage. Ils ont pollué l'espace public... Je ne crois pas que le changement viendrait d'une élection locale. La majorité des listes comportent des affairistes qui ne connaissent rien à la gestion, sinon pour tirer des dividendes de leur postes».
S'agissant de l'affichage, certains partis politiques piétinent la loi. Les espaces autorisés pour l'affichage ont cédé la place aux panneaux de signalisation, aux murs des institutions publiques et les demeures.
Un parti politique s'est approprié les murs du siège de la commune d'Irdjen en tapissant la moitie de la façade de haut en bas. Sur les routes, les automobilistes ne peuvent plus compter sur les panneaux de signalisation récemment implantés et déjà couverts d'affiches électorales.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nordine Douici
Source : www.elwatan.com