Tizi-Ouzou - A la une

Une quinzaine de familles dans la détresse



Des habitants de ces cités en ruines affirment que des appartements existent pour leur relogement. Mais rien n'a encore été fait pour les extraire d'une situation indigne, surtout en ces temps de grand froid.Exclues de l'opération de relogement initiée par les autorités dans le cadre de la résorption de l'habitat précaire (RHP), une quinzaine de familles résidant dans les cités HLM et du Stade, à Tizi Ghennif (sud de Tizi Ouzou), continuent à vivre dans des conditions des plus lamentables. Ayant fait l'objet de démolition en novembre 2019, soit au lendemain du relogement des familles bénéficiaires de logements RHP, ces deux cités déjà caractérisées par leur précarité, ne ressemblent plus désormais qu'à des ruines, où il est impossible d'imaginer une quelconque vie humaine. Pourtant une quinzaine de familles continuent d'y vivre.
"Plutôt nous survivons", disent les membres de ces familles qui ajoutent ne pas avoir le choix car elles n'ont pas où y aller. Au début de l'opération de relogement, ces familles se sont opposées à la démolition de leurs habitations mais leur cri de détresse n'a pas été entendu par les autorités qui, de crainte de voir le site réoccupé à nouveau, ont procédé à sa démolition entière. "Nous avions introduit des recours. Depuis, plus de deux ans, la commission de recours n'a pas rendu ses résultats. Nous attendons toujours les réponses.
L'ancien exécutif communal ne nous a pas accompagnés. À chaque réclamation, c'était toujours des promesses. Que ces litiges soient levés", affirme Rachid, l'un des occupants de ces habitations de fortune qui avoue n'avoir bénéficié d'aucune aide de l'Etat, aussi minime soit-elle. Avec le sentiment d'être trahi ? son regard en dit long sur sa détresse ? cet homme explique que les anciens élus justifiaient le retard par la crise sanitaire qui avait empêché les enquêtes durant plusieurs mois. "Finalement, ils cherchaient juste à gagner du temps. Leur stratégie est claire à présent", soutient son camarade de misère. Pourtant, ajoute notre interlocuteur, ces habitants possèdent tous les documents nécessaires pour prouver qu'ils n'ont ni logement ni bénéficié d'une quelconque aide de l'Etat. Un autre habitant exprime sa colère : "Est-il normal qu'on abandonne des familles en plein hiver alors que les murs risquent de leur tomber sur la tête '" Et d'ajouter : "Dix-neuf logements ne sont pourtant pas encore attribués dans le programme RHP."
Les occupants des habitations encore debout au milieu de ces cités en ruine espèrent que le nouvel exécutif communal, issu des élections de novembre dernier, inscrira leurs préoccupations en priorité et tentera de trouver une solution pour mettre fin à leur calvaire. "Nous interpellons la nouvelle équipe à la tête de notre APC.Nous lui demandons de jeter un regard vers nous avant qu'il ne soit trop tard. Lorsqu'il pleut, il faut sortir dehors de peur d'être emportés par d'éventuels effondrements d'autant que nos habitations sont sans ossature métallique", conclut un des habitants.

O. Ghilès
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