Tizi-Ouzou - A la une

Une première semaine de campagne s'achève dans la région Les citoyens indifférents aux discours des partis à Tizi Ouzou



Une première semaine de campagne s'achève dans la région                                    Les citoyens indifférents aux discours des partis à Tizi Ouzou
S'adresser au citoyen avec comme intention de le transformer en un électeur potentiel, le 29 novembre prochain, relève d'une véritable gymnastique pour les candidats aux élections locales qui, au rythme où va la campagne électorale, depuis son début, il y a maintenant une semaine, ne semblent plus susciter l'engouement des mandats précédents.
Officiellement 6 769 candidats, représentant 18 partis politiques et 34 indépendants sont censés aller à la conquête de voix pour se faire élire aux 67 APC de la wilaya. 549 autres candidats, représentant 9 partis, sont censés également participer à la chasse aux voix pour obtenir un quitus pour l'APW. Mais en dépit de ce fort contingent de candidats, la scène politique locale demeure sans grands mouvements et la campagne électorale ne bat toujours pas de l'aile. Elle est plutôt toujours morose, s'accorde-t-on à constater à travers toute la wilaya de Tizi Ouzou.
Il aura fallu près d'une semaine pour voir les premières affiches faire leur apparition sur les murs des villages et même des grands centres urbains à l'image du chef-lieu de wilaya. Même dans les permanences électorales des partis en lice, l'ambiance demeure encore timide. Les partis n'ont pas le vent en poupe. La population à laquelle le dernier mot reviendra le 29 novembre est, elle aussi, silencieuse. Démobilisée. Elle assiste sans broncher. Les candidats l'ont compris. Les responsables des partis aussi. Point de meetings, sinon très peu. À croire que le mot est donné entre les partis en lice : 'Notre stratégie est axée sur une campagne de proximité", répètent-ils sans cesse. Ils demeurent, toutefois, sereins tant, estiment-ils, que : 'Ce n'est qu'à partir de la deuxième semaine que la campagne atteint son rythme de croisière et que la population se mettra de la partie." En attendant, les candidats font presque du porte-à-porte. La population les écoute-t-elle pour autant ' Il est vrai que la loi électorale est conçue de manière à ce qu'au lendemain d'une élection des élus sortent tout de même des urnes, quel que soit le nombre de votants, mais, à travers sa démobilisation, la population, qui garde de mauvais souvenirs de ce qu'a été la gestion passée de sa cité, semble délivrer des messages forts. En général déjà, et c'est une réalité partagée à travers tout le territoire national, les plus optimistes, ceux qui s'opposent à la politique de la chaise vide, n'hésitent pas à reconnaître que les élus locaux, notamment ceux aux APC ne peuvent pas grand-chose pour eux. À Tizi Ouzou, ils ont eu à le vérifier, à leurs dépens, lors des intempéries de février dernier puis, plus récemment, lors des incendies durant l'été passé et puis à chaque fois qu'ils revendiquent leur part de développement et qu'on leur signifie que c'est du ressort de l'administration de wilaya. Les plus désabusés, quant à eux, ne considèrent pas l'acte de vote plus qu'une caution de la course aux lots de terrain, au trucage de marchés publics, aux malversations en tout genre. Pour cette catégorie, l'amélioration du cadre de vie dans la cité n'est qu'une promesse sans lendemain. 'L'intérêt de la population est le dernier souci des élus", entend-on à chaque coin de rue. Il est vrai pourtant qu'à Tizi Ouzou, ils étaient nombreux les élus qui affichaient leurs volonté et disponibilité à accompagner le développement, ce développement que l'administration prodiguait à la région à petites doses, qui se battaient sans cesse pour lever des oppositions entravant le passage du gaz naturel, l'eau potable et l'électricité vers les villages, et aussi à se battre jusqu'à arracher des projets dans plusieurs secteurs, mais la population se souvient, entre autres, amèrement, que le nouveau plan de transport qui a transformé en cauchemar quotidien la vie de plus de trois quarts de la population a été initié, étudié et mis à exécution par l'administration avec la caution de l'APW de Tizi Ouzou. Elle se souvient aussi qu'au sein de cette même assemblée, le FLN, le FFS et le RND se sont opposés à la tenue d'une session spéciale pour revendiquer le statut de wilaya sinistrée afin de permettre l'indemnisation des énormes dégâts des intempéries de l'hiver dernier. C'étaient ces mêmes trois partis qui ont exprimé un niet catégorique à la tenue d'une session sur l'insécurité dans la wilaya alors livrée au terrorisme et au banditisme. C'est aussi, et le problème est d'actualité, sous le règne du FLN à l'APC de Tizi Ouzou que les prénoms berbères sont interdits d'inscription et que la délivrance d'un extrait d'acte de naissance n°12 relève tellement du parcours du combattant qu'il est devenu, une fois obtenu, un événement qui se fête. Les exemples sont aussi nombreux que poignants et les conséquences produites par ces choix souvent plus hasardeux que cornéliens sont toujours perceptibles auprès des citoyens aux yeux desquels les slogans creux sans cesse répétés, les aspirations souvent trompées et les engagements rarement honorés par le passé ne sont pas de nature à encourager à se rendre aux urnes. Ajouté à cela la qualité des candidats choisis. Lorsque sur de nombreuses listes, des affairistes de tout bord, des maçons, cuisiniers et autres petits métiers sont mieux positionnés que des ingénieurs, techniciens et enseignants, et lorsque des partis vont jusqu'à miser sur 'des chevaux boiteux", le citoyen lambda ne peut que comprendre toutes les guéguerres à couteaux tirés, les petits coups, les favoritismes et les ambitions personnelles parfois démesurées devenus monnaie courante au sein des partis. Ce qui n'est, à vrai dire, pas nouveau mais qui a pris de l'ampleur sous le regard de l'électeur potentiel qui en a vu tellement des vertes et des pas mûres qu'il est devenu exigeant et donc réfléchit plus d'une fois avant de se décider à glisser son bulletin dans l'urne.
S L
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